CRITIQUE | SERIE

PEACEMAKER S2 : l’idiot le plus attachant du DCU

Critique | James Gunn continue d’avancer ses pions sur l’échiquier de son univers connecté DC. Bien que Superman se soit pris les pieds dans le tapis, la saison 2 de Pacemaker s'avère être une réussite qui redonne espoir.

SYNOPSIS


Après avoir empêché l’invasion des papillons extraterrestres, Christopher Smith alias Peacemaker tente de retrouver un semblant de normalité… Mais le passé ne meurt jamais vraiment. Cette saison, une nouvelle menace émerge des cendres de l’opération Project Butterfly. Accompagné d’une nouvelle équipe improbable, Peacemaker devra affronter ses propres démons, remettre en question ce que signifie vraiment « la paix »… et tenter de ne pas faire exploser tout le monde dans le processus.

© Peacemaker – Saison 2

NOTRE CRITIQUE

Cette deuxième saison de Peacemaker s’impose comme une réussite incontestable, même si parfois, elle laisse une impression d’urgence narrative qui lui fait perdre un peu de souffle. Comme d’habitude, James Gunn exprime sa folie créative, toujours aussi mordante, trash et irrévérencieuse. Néanmoins, toutes ses provocations et ses gags absurdes sont en réalité une façade astucieuse pour explorer la profondeur de ses personnages et faire avancer son récit.

Même si cela peut être fait avec la subtilité d’un camion-benne, comme cette pirouette ridicule visant à effacer complètement l’ancien univers en changeant littéralement la fin de la saison 1 pour mieux coller au nouveau. C’est à la limite du mépris, mais bon… passons. Cette deuxième saison a au moins l’avantage de ne pas être là uniquement pour décorer l’univers DC, mais bien pour le faire avancer. Un univers transmédia qui oblige les spectateurs à faire leurs devoirs et à dépenser leur argent dans les plateformes, mais difficile de bouder son plaisir tant cette saison 2 reste un objet télévisuel à la fois furieusement divertissant et profondément humain. Dès les premiers épisodes, on sent que Peacemaker n’est plus une simple parenthèse post-The Suicide Squad. James Gunn maintient ses personnages dans une continuité plus vaste, tout en préservant l’humanité de ses héros. Et quoi de plus vaste que le multivers ? Un concept galvaudé par la concurrence et déclenché à outrance sans raison apparente. De son côté, James Gunn l’utilise avec prudence et intelligence. Pas de déluge de caméos gratuits, pas de fan service stérile. Chaque incursion sert la psychologie des personnages, confrontant Chris à ses regrets et remettant en question ce qu’il aurait pu être. Parce que Peacemaker cède sa place à Chris Smith, plus paumé, plus attachant, toujours en quête d’une rédemption impossible. On explore ce qu’il endure, ses regrets, ses choix, ses doutes, sa culpabilité. John Cena lui prête une énergie et une autodérision incroyables. Il est à la fois grotesque et touchant, ridicule et héroïque. James Gunn persiste dans son approche personnelle visant à ridiculiser ses personnages pour mieux les glorifier par la suite. Même si cela nous posait quelques problèmes dans son Superman, dans Peacemaker, cette approche est parfaitement adaptée et apporte une touche de folie qui structure les ambitions du metteur en scène. La série tire toute sa force émotionnelle de cette tension entre honte et héroïsme. Un balancier qui donne de la chair à ses personnages.

© Peacemaker – Saison 2

Chacun d’entre eux gagne en profondeur, en fragilité et en contradictions. Leur alchimie est contagieuse. On rit avec eux, on subit leurs ratés, on partage leurs doutes. À un tel point que l’on aurait envie de faire partie de leur équipe. À un tel point que retrouver ces personnages chaque semaine était parfois bien plus motivant que de suivre l’intrigue, qui, elle, a un peu de mal à exister. Parce que cette intrigue, plus floue, peine à trouver son rythme. Les enjeux tardent à être clairement définis, les twists se devinent trop rapidement, et Gunn utilise parfois des pirouettes scénaristiques un peu grossières pour faire avancer le récit. Même si le ton léger et désinvolte global fait passer beaucoup de choses, on ne peut faire l’impasse sur les épisodes mal découpés, les idées expédiées, et quelques intrigues secondaires qui s’étirent inutilement, au détriment de l’histoire centrale, qui aurait gagné en force si elle avait été mieux calibrée. Il y a des traitements qui manquent de temps. Il y a des idées passionnantes qui sont à peine esquissées avant d’être remplacées par une autre, comme si la série était en train de courir après ses propres ambitions. À force de vouloir tout faire tenir, la série finit parfois par diluer ses meilleurs moments.

Néanmoins, Peacemaker maintient son ton irrévérencieux, son humour corrosif, son énergie punk et une sincérité désarmante. James Gunn ne cache jamais son amour pour ses personnages, même les plus grotesques. Il les expose, les humilie, mais c’est toujours pour mieux en faire ressortir une forme d’héroïsme inattendu. On rit parce qu’ils sont idiots, on s’attache parce qu’ils sont vrais. C’est cette humanité, cachée derrière les blagues et les effusions de sang, qui fait de cette saison une réussite.

À retrouver sur Prime Video

EN DEUX MOTS

Trash, drôle et bourré de cœur. John Cena est toujours aussi génial d’autodérision, et le casting fonctionne à merveille. Néanmoins, l’intrigue, trop expédiée et mal découpée, perd en cohérence, et certaines idées méritaient un développement plus poussé. Pourtant, malgré ces défauts, la série reste une aventure déjantée et attachante, typiquement Gunn : imparfaite, mais diablement vivante.

3,5

Note : 3.5 sur 5.


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