CRITIQUE | FILM

INSAISISSABLES 3 : la saga doit disparaitre

Critique | Personne ne l’attendait, pourtant la franchise la plus vaine et futile de l’histoire du cinéma du 21ᵉ siècle est de retour, après près de dix ans d’absence, sans que personne n’ait eu le temps de s’en rendre compte. C’est peut-être ça le seul vrai tour de magie de ce troisième long-métrage ?

SYNOPSIS

Daniel Atlas rassemble un trio de nouveaux illusionnistes pour orchestrer un braquage d’une audace inégalée, doublé du tour de magie le plus spectaculaire jamais conçu : subtiliser le Diamant-Cœur, le joyau le plus précieux au monde, aux mains d’une puissante organisation criminelle spécialisée dans le trafic d’armes.

© Insaisissables 3

Insaisissables 3 (Now You See Me: Now You Don’t) est un film américain réalisé par Ruben Fleischer et sorti en 2025. Il constitue le troisième volet de la saga centrée sur les magiciens des Quatre Cavaliers, succédant à Insaisissables (2013) de Louis Leterrier et Insaisissables 2 (2016) de Jon Chu.

NOTRE CRITIQUE

Après le film de casse sympathique (bien que déjà absurde) de Louis Leterrier en 2013, et la jolie bouse du second opus par John M. Chu, c’est au tour de Ruben Fleischer de passer derrière la caméra de la franchise du mauvais goût. Un honneur pour ce cinéaste, qui n’en est pas à son coup d’essai quand on parle de sinistre étron cinématographique. Le bonhomme est tout de même à l’origine de Gangster Squad, Uncharted ou même du premier volet de la trilogie Venom. Il décide de s’atteler à un énième divertissement sans âme qui aura disparu de notre esprit une fois les lumières de la salle rallumées.

Ce troisième volet, qui visiblement ne sera pas le dernier, a pour but de reconstituer à nouveau l’équipe des quatre cavaliers. Les originaux. Tels des Avengers. C’est comme ça que le film nous présente ses protagonistes. Toujours à marcher en front, telle une équipe soudée, car le réalisateur ne sait pas les mettre en avant autrement qu’en forçant une alchimie cadavérique et en nous assenant de punchlines lourdingues et gags qui tombent à plat. Le film est un calvaire de personnages, tant aucun ne sort du lot et n’arrive à se différencier de l’autre. C’est simple, ils sont tous plats. Pas de réels enjeux, de leçons à leur donner pour que ce long-métrage résonne comme un réel accomplissement. Jesse Eisenberg fait du Jesse Eisenberg. Woody Harrelson, à part être torché, ne sert pas à grand-chose. Dave Franco n’est là que pour montrer ses biceps, se pincer les lèvres, avoir le droit à une love story inutile et nous faire part de son jeu d’acteur tout droit sorti d’un épisode de Malaise tv. Les personnages féminins ne sont pas en reste. Isla Fisher a le droit à un décolleté en guise d’arc de personnage. Elle forme avec ses deux partenaires un trio féministe présent pour balancer quelques vannes datées du reboot féminin SOS Fantomes. Pour faussement provoquer et se faire rappeler à l’ordre par un mec juste ensuite. Assez d’activisme pour Ruben Fleischer sans doute.

© Insaisissables 3

Quant aux nouveaux protagonistes, ils n’ont aucune saveur également. Même le twist ne rend pas l’intégralité du métrage tangible. Aucun attachement n’a su se créer pendant deux heures de film. Le scénario s’empresse de faire passer ses facilités scénaristiques grosses comme des montgolfières pour des tours de magie ringards au possible et tous plus alambiqués les uns que les autres. Et le pire, c’est que nous sommes censés être impressionnés. Le ridicule semble effectivement ne pas tuer et on aurait pourtant aimé pour cette saga. Comme l’impression que le long-métrage de Ruben Fleischer lorgne par moment sur le nanar, tant le sérieux disparait constamment. On se coltine quand même un plan-séquence où cinq magiciens font des faux tours de magie avec des cartes en VFX, dans un décor qui aurait pu servir le récit, mais qui se retrouve à être salement sous-exploité. Dans la veine de la série Lupin avec Omar Sy. L’expression « ta gueule, c’est magique » n’a jamais aussi bien porté son nom. Ici, toute l’équipe prend littéralement le public pour d’énormes pigeons. À vouloir générer un fan service déplacé et surtout incompréhensible, Insaisissables 3 ne cesse de tendre sa baguette magique pour se faire battre. Il arrive à faire passer le premier opus pour son Citizen Kane. On aimerait disparaître pour de vrai avant la sortie du quatrième opus.

EN DEUX MOTS

Insaisissables 3 ne manque aucune occasion pour prendre son public pour de véritables pigeons. Accumulant les facilités et les mettant sur le dos de cette fameuse magie, le film en devient ridicule malgré lui et sonne comme un concept ringard qui aurait dû s’arrêter dès son premier opus. 

1,5

Note : 1.5 sur 5.


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