CRITIQUE | SERIE

STRANGER THINGS S5 : finir sans conclure

Critique | Après 4 ans d’attente, Stranger Things revient sur les écrans pour clôturer son aventure rétro-télépathique d’Hawkins diffusée pour la première fois il y a 10 ans déjà. Mais les frères Duffer tout comme les fans ont refusé de dire au revoir à la saga….

SYNOPSIS


En 1987, Hawkins est déchirée par d’innombrables failles, et le groupe de protagonistes tente de retrouver la grande menace Vecna, qui a mystérieusement disparu. En parallèle, la ville est placée sous quarantaine militaire, tandis que la traque d’Eleven se poursuit. À l’approche de la bataille finale, les héros n’ont d’autre choix que de se rassembler et de se préparer pour un ultime affrontement.

© Stranger Things – Saison 5

NOTRE CRITIQUE

Dix années représentent une décennie de nostalgie, et qu’on le veuille ou non, Stranger Things s’est installé dans nos mémoires comme une histoire plus ou moins unique et familière (Ça : Bienvenue chez les Derry), où notre monde possède un sombre miroir : l’Upside Down. Un tel projet crée une attente énorme pour sa conclusion. C’est sans aucun doute pourquoi Netflix a choisi de découper cette fin en trois actes : les trois premiers épisodes sont sortis le 26 novembre, les trois suivants un mois plus tard, avant le final prévu le 31 décembre 2025. Une stratégie qui permet aussi de multiplier analyses et théories autour du dénouement. Autant vous le dire : l’épisode 8 n’apporte pas de réponses, il se contente de nourrir une nostalgie certaine. Mais la déception se fait d’autant plus grande quand on repense au début prometteur de cette saison 5, rythmé et efficace, qui semblait parfaitement s’emboîter avec le final de l’excellente saison 4. Certaines destinées sont volontairement épargnées pour contenter la communauté de fans : Steve (notre chouchou) et sa fausse mort, sans oublier la longue séquence entre Nancy et Jonathan. D’autres personnages bénéficient enfin d’un éclairage, comme Will, mais un éclairage avec trop de watts délaissant Lucas, réduit à l’éternel rôle de petit ami de Max, Robbin l’amie modèle de transformation, Erica la simple soeur de Lucas, Vickie la simple petite-amie de Robbin, tous relégués à l’arrière-plan, malgré leur potentiel.

© Stranger Things – Saison 5

Côté lore d’Hawkins : bonjour l’incohérence. Stranger Things met quatre saisons à poser ses règles, et l’ultime saison les récupère.. pour les utiliser trop facilement. On pense notamment au passage des mondes entre Hawkins et l’Upside Down. Aussi, les militaires qui deviennent de simples pions, utilisés à la va-vite et disparaissant dès qu’ils ne servent plus. L’image prime sur le sens : on cherche avant tout à en mettre plein la vue, plutôt que de résoudre de nombreux nœuds narratifs que ce monde a accumulés. Car oui, le final n’est-il pas censé tout résoudre ? Le fin mot de l’Upside Down, les traumatismes de chacun, Vecna… Rien de tout ça n’est traité, et l’on se sent leurré, comme lors du final de Game of Thrones, une étrange sensation de déjà-vu. Les frères Duffer préfèrent dresser un champ de bataille façon Avengers: Endgame, où tous les personnages sont étrangement synchronisés, sans risque, prêts à éliminer le grand méchant en toute sécurité. Eleven y met fin en deux temps trois mouvements. Comme si Vecna, pressenti comme l’un des antagonistes de la décennie, en devenait finalement oubliable. Le coup de grâce ? Un interminable épilogue de 45 minutes, équivalent à un épisode entier de série. Il devient difficile pour les frères Duffer de ne pas laisser une note positive : le final préfère finir sur un « peut-être » qu’une fin trop douloureuse, ne tranchant jamais vraiment sur le destin de certains personnages. Une longue séquence de tire-larmes et d’au revoir qui s’étire toujours plus sans provoquer la moindre émotion, car aucun personnage n’est vraiment sacrifié. L’émotion échoue là où la nostalgie fonctionne encore. Les interprètes semblent eux aussi perdus dans leurs rôles, à chercher leur place… mais peut-être l’ont-ils déjà perdue depuis longtemps, à l’image des showrunners.

On retiendra tout de même l’excellente performance de Jamie Campbell Bower, qui confère à Vecna une aura mystérieuse et troublante, là où Millie Bobby Brown semble avoir perdu toute émotion et expressivité corporelle. Il n’est pas étonnant de se sentir perdu parmi l’amas de personnages trop nombreux, et pas toujours utilisés à bon escient, surtout dans le dernier épisode.

À retrouver sur Netflix

EN DEUX MOTS

Pour la série la plus chère de Netflix, la conclusion déçoit par son manque d’ambition : un final en demi-teinte où la moitié des pistes narratives restent en suspens. Un final vite expédié qui cède sa place à un épilogue à rallonge. Les frères Duffer semblent plus soucieux de ménager leur communauté de fans que de servir l’histoire d’Hawkins.

2

Note : 2 sur 5.


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