SYNOPSIS
Linda Liddle a toujours été invisible. Cadre appliquée dans une puissante société financière, elle attend depuis des années la promotion que l’ancien dirigeant lui avait promise. Mais lorsque Bradley Preston, héritier arrogant et nouveau PDG, prend les rênes de l’entreprise, il préfère offrir le poste à un ami de fac, reléguant Linda au rang de figurante dans sa propre carrière. Sous couvert d’un voyage d’affaires à Bangkok pour finaliser une fusion décisive, Bradley l’entraîne, avec quelques cadres triés sur le volet, vers ce qui devait être un simple déplacement professionnel. Mais une tempête d’une violence inouïe précipite leur avion dans les eaux du golfe de Thaïlande.

À son réveil, Linda se retrouve sur une île déserte avec pour seul survivant Bradley, blessé et dépendant. Dans cet environnement hostile, les rôles s’inversent. Les compétences insoupçonnées de Linda émergent, tandis que l’assurance de Bradley s’effrite. Alors que l’île devient un terrain de jeu dangereux où chacun tente de reprendre le contrôle, Linda découvre une liberté troublante.. et peut-être irréversible. Jusqu’où peut-on aller lorsque plus personne ne vous regarde ?

NOTRE CRITIQUE
Une sorte de Triangle of Sadness par Sam Raimi ? On aurait signé dans la seconde, d’autant plus avec cette promesse alléchante de série B décomplexée que le réalisateur ne cesse d’injecter dans tous ses projets.
Mais en sortant de la projection Send Help, quelque chose manque à l’appel. Des attentes pas assez comblées, un Sam Raimi moins débridé qu’espéré, et un sujet exploité par intermittence. Mais est-ce que tout cela cumulé fait de ce nouveau projet un mauvais film ? Pas vraiment non plus. En fait, la série B est devenue bien trop rare ces derniers temps pour qu’on boude notre plaisir. Quand on en a une sous le nez, on en profite. D’autant que ce nouveau film du cinéaste américain a un autre atout de taille : Rachel McAdams. S’il y a bien une actrice capable de se métamorphoser pour embrasser un comique sans gêne ni fausse pudeur, c’est elle. L’actrice s’amuse sur le plateau de tournage et accepte les codes de la série B sans aucun frein. Un peu moins vrai pour son partenaire de jeu, Dylan O’Brien, qui s’essaie à l’exercice avec un peu plus de retenue, même si ses rires gras de patron du CAC 40 font effet sur le spectateur. Mais en réalité, ce genre de registre exige aussi des acteurs prêts à flirter avec le ridicule. Une qualité plus rare qu’on ne le pense, à l’heure où beaucoup choisissent leurs rôles avec une stratégique marketing bien pensée pour préserver leur image publique. C’est triste, mais c’est comme ca..

Autrement, Send Help rassemble tous les ingrédients d’un bon cocktail de série B. Des traits volontairement grossis dès l’introduction pour accentuer l’injustice et polariser ses personnages, un retournement de situation, puis le côté jubilatoire d’une vengeance sans concession. C’est pourtant dans cette troisième partie que l’on regrette le manque de lâcher-prise de Sam Raimi. Le réalisateur réussit à offrir quelques séquences franchement fun à regarder, comme la scène du sanglier, les coups de pression au couteau, ou certains dialogues particulièrement piquants, mais entre ces fulgurances, Send Help peine à combler les creux et étiiiiiiire son récit pour atteindre péniblement les deux heures. Sans s’amuser, sans vraiment prendre de plaisir lui-même. Heureusement, la conclusion retrouve des couleurs et offre enfin ce que l’on espère voir de Sam Raimi derrière la caméra. Et au final, on en a malgré tout pour son argent..
EN DEUX MOTS
De la série B réussie, et par les temps qui courent, c’est déjà bien. Rachel McAdams est toujours aussi forte dans ce domaine, avec son aisance redoutable pour la comédie. Sans elle, Sam Raimi serait véritablement seul au monde sur cette île déserte..
3,5
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