CRITIQUE | SERIE

LOVE STORY : amour, gloire et tragédie

Critique | Ryan Murphy poursuit son ascension : après ’Monstres’, phénomène de Netflix, et ’American Horror Story ’ succès sur Hulu, il s’attaque aux tragédies amoureuses avec une nouvelle proposition d’anthologie à l’eau de rose : Love Story.

SYNOPSIS


La première saison de Love Story, inspirée de l’ouvrage Once Upon a Time : The Captivating Life of Carolyn Bessette-Kennedy d’Elizabeth Beller, revient sur la relation entre John Fitzgerald Kennedy Jr. et Carolyn Bessette-Kennedy. D’abord perçue comme une idylle idéale, leur union se fragilise peu à peu sous l’œil intrusif et le voyeurisme des médias. Entre pressions professionnelles et tensions familiales alimentées par les rumeurs, leur histoire connaît une fin tragique lorsque leur avion privé s’abîme en mer, au large du Massachusetts, lors d’une nuit brumeuse de l’été 1999.

© Love Story

NOTRE CRITIQUE

On peut le dire, Ryan Murphy nous a surpris avec son nouveau projet d’amour people. Maître de l’horreur sérielle, il ajoute ici une nouvelle clé à son trousseau de réussites en ajustant son registre au glamour romantico-tragique.

Car oui, il s’empare de la terrible fin des Kennedy en suivant un fil narratif précis, mais avec une esthétique singulière et agréable à l’œil, il faut le reconnaître. Alors même qu’après chaque clap de fin d’épisode nous nous rapprochons à petits pas d’une fatalité irréversible, c’est avec plaisir que nous entrons dans l’intimité progressive de John F. Kennedy et Carolyn Bessette interprétés par un duo impressionnant. Sarah Pidgeon (Souviens-toi l’été dernier), prête ses traits à Carolyn, abandonnant le brun pour le blond, et si vous n’étiez pas convaincue par elle, Love Story vous fera changer d’avis, vous pouvez en être sûre. Sarah Pidgeon est une révélation, magnétique, dont on s’imprègne des gestes : entre les lunettes, les cheveux ou encore la cigarette. Paul Anthony Kelly, inconnu jusqu’ici si ce n’est sur les podiums de la Fashion Week, devient ici le petit prince de l’Amérique et laisse le mannequinat de côté le temps de la série. Tous deux sont des révélations sur écran tant l’alchimie est omniprésente : ils ne font qu’un. Ils nous embarquent dans un court vol, dont on connaît déjà l’issue : le crash de leur jet privé dans les années 90. L’un des éléments qui prédomine dans ces premiers pas de l’anthologie est le parti pris esthétique allant du travail de mimétisme de Sarah et Paul-Anthony envers leur personnage jusqu’aux costumes. Vous pouvez à tout moment mettre pause sur un épisode au hasard et retrouver une photo de paparazzi du couple quasi identique à 99% (oui nous pensons au mariage, épisode 5).

© Love Story

Connor Hines, nous emporte avec profondeur dans leur quotidien au point où nous finissons nous-mêmes par nous sentir surexposés face aux appareils photo, aux paparazzis et par moments un regard presque voyeuriste. Il habille toute une géographie de l’espace pour y faire entrer ses personnages dans des cadres domestiques, à savoir le lieu de vie au cœur des séquences de solitude et d’échappatoire. Une photographie désaturée, un univers minimaliste où tout est millimétré : un combo qui offre une esthétique des plus vintage et chic. D’autant plus quand on sait qu’il s’agit du couple le plus photographié des années 90. Si les premiers épisodes épousent les personnages et leur quotidien : Carolyn chez Calvin Klein, et John F Kennedy JR en potentiel avocat, leur love story prend délicatement place et nos questions s’envolent assez vite : J Kennedy Jr ne sera pas Président, Carolyn Bessete ne poursuivra pas chez Calvin Klein, et les deux tourtereaux finiront bien ensemble… Le biopic est alors mis sur le côté pour assumer une relecture glamour et tragique et en dessiner un mythe romantique où obsession, gloire et mélancolie ne font pas bon ménage. L’alchimie entre Sarah Pidgeon et Paul Anthony Kelly, est constante à travers les regards, les postures, les énergies, jusqu’à créer une attirance et attraction même aimantée.

Mais quel est le prix de leur amour ? Dès l’épisode 4 ce dilemme est en cause jusqu’au début du mariage, une issue que l’on connaît tous. Bref, nous n’attendons plus qu’une seconde saison, chose que Connor Hines, créateur de la série semble avoir envisagée puisqu’il aurait déjà en tête une idée du second couple au cœur de l’anthologie de Love Story.

À retrouver sur Disney Plus

EN DEUX MOTS

Love Story est une série élégante et minimaliste où Connor Hines capteun amour condamné avec douceur. Sarah Pidgeon et John F. Kennedy ont une alchimie rare à fort potentiel. Oui, Murphy a visé juste.

4

Note : 4 sur 5.


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