CRITIQUE | FILM FESTIVAL DE CANNES

LA VENUS ELECTRIQUE : le film à papa

Critique | Le 79ᵉ festival de Cannes est déclaré ouvert, les lumières s'éteignent et La Venus Electrique lance les hostilités sur la croisette. Mais est-ce qu'en réalité le vrai bon cinéma ne commence pas le lendemain ?

SYNOPSIS

Dans le Paris des Années folles, Antoine, un peintre reconnu récemment devenu veuf, sombre dans une profonde panne d’inspiration après la mort de son épouse Irène. Désespéré, il fait appel à une médium dans l’espoir d’entrer une dernière fois en contact avec elle. Mais derrière la voyante se cache Suzanne, une jeune femme travaillant également à la Foire du Trône au sein de l’attraction de la « Vénus électrique », dirigée par le forain Titus.

© La Venus Electrique

Inquiet pour l’état du peintre, Armand, son marchand de tableaux, pousse Suzanne à prolonger cette supercherie afin de raviver la créativité d’Antoine. Peu à peu, leur relation devient plus complexe : Suzanne réussira-t-elle à libérer le peintre de la culpabilité qui le consume ? Et pourra-t-elle, elle-même, rester indifférente aux sentiments qui naissent entre eux ?

NOTRE CRITIQUE

Pour son 79ᵉ festival de Cannes, Thierry Frémaux a fait un choix fort en ouverture. Non, on déconne, il a fait tout l’inverse. Avec La Vénus Électrique, on tombe dans les grands travers du cinéma de pépé et mémé, où l’alléchant casting français est surtout là pour combler l’absence d’audace ou de renouveau. La Vénus Electrique est ce genre de film qui ne provoque même ni la discussion, ni le débat, ni l’argument. C’est pour cela que c’est aussi triste de le voir en film d’ouverture à Cannes. Car tout le monde s’accorde, tout le monde est d’accord pour dire que ce nouveau long-métrage de Pierre Salvadori sera certainement dans le ventre mou des sorties de cette année. Et c’est censé donner le ton pour le reste du festival ? Là où d’autres films d’ouverture pourtant décriés, comme Un Deuxième Acte de Quentin Dupieux en 2024, avaient au moins le mérite de secouer gentiment leur spectateur. De le faire se lever de sa chaise pour lui cracher dessus, c’est déjà une réaction en soi. Ici, La Vénus Electrique ne provoque rien du tout. On l’a déjà oublié..

© La Venus Electrique

Pierre Salvadori réalise ici un film de prof de français qui n’aime pas vraiment le cinéma, mais adore la reconstitution d’un vieux Paris. Mêlée à de jolies tournures de phrase, avec un accent d’ancien français sous la moustache plastique de Gilles Lellouche. Du cinéma presque téléfilm, où le cœur de l’intrigue repose sur un méli-mélo amoureux autour d’un beau garçon artiste torturé par un deuil. C’est facile à comprendre, ça plait à certains par sa logique whatapadesque du scénario et ça émoustille nos anciens. E pour autant, tout n’est pas raté, loin de la. Pierre Salvadori apporte son humour burlesque dans sa besace, et ça fonctionne bien pendant les trente premières minutes. Tout ça bien aidé par son petit casting aux jolies noms, même s’ils restent tous prisonniers de leurs gimmicks de jeu.. Autrement, il n’arrive à rien instaurer d’autre que cette petite vibe rigolote de comique de situation. Quand on parle d’amour, ça capote, quand on parle de mort, ça prend le capot. Et rien ne nous fait réagir sur notre siège jusqu’au générique de fin..

EN DEUX MOTS

Un film d’ouverture cannois qui n’a rien d’électrique et qui ne nous fait pas non plus bondir de notre chaise. Un choix curieux, représentatif aussi des acteurs français en vogue qui n’arrivent pas à se dépatouiller de leur propre personnage entre chaque rôle..

2,5

Note : 2.5 sur 5.


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