CRITIQUE | FILM

THE DOG STARS : un patchwork sans âme

Critique | Depuis quelques années, le constat est assez limpide : Ridley Scott a lâché la rampe. En totale roue libre, il persiste à réaliser sans prendre de risques réels et sans cet aspect visionnaire qui avait pourtant forgé sa réputation. Il revient avec The Dog Stars qui traîne sa jambe de zombie dans les mêmes travers que ses derniers longs-métrages.

SYNOPSIS

Dans un futur proche où une pandémie sans nom a décimé la société américaine, Hig, un pilote vit sur une base aérienne abandonnée du Colorado avec son chien et un ex-marine. Lorsqu’une transmission aléatoire passe par la radio de son Cessna 1956, la voix fait naître au plus profond du pilote l’espoir qu’une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé.. The Dog Stars est un film américano-britannique réalisé par Ridley Scott et sorti en 2026. Il s’agit d’une adaptation du roman du même nom de Peter Heller.

© The Dog Stars

NOTRE CRITIQUE

À travers sa filmographie vertigineuse de succès, le talent de Ridley Scott n’est évidemment plus à prouver. Et pourtant, on ne lui connaissait pas son côté geek, ni son aspect envieux. Parce qu’on ne va pas se mentir, la première impression qui domine après la projection de The Dog Stars, c’est ce goût amer d’opportunisme cinématographique.

Après avoir exploré la science-fiction sous toutes ses coutures, le cinéaste a voulu, lui aussi, poser sa marque dans un domaine en vogue : le monde post-apocalyptique ravagé par un virus. Un terrain pourtant déjà largement exploité, et ce depuis bien des années. Il est clair qu’avec ce nouveau long métrage, Ridley Scott a plutôt cherché à s’inscrire dans une mode plutôt que de partir d’une véritable nécessité artistique. Parce que, rapidement, cette envie tourne au pot-pourri de références indigestes. Des bribes de Je suis une légende par-ci, une pincée de The Walking Dead par-là, et surtout d’immenses clins d’œil à peine dissimulés à The Last of Us, notamment dans sa patine et son ambiance générale. Et sur le plan technique, il faut bien admettre que le film fonctionne plutôt bien. Ridley Scott reste un technicien hors pair qui sait manier une caméra, composer un cadre et insuffler une dimension palpable aux décors qu’il filme. Il sait où placer ses caméras pour instaurer une atmosphère de désolation plutôt bien rendue, portée par une mise en scène élégante et des scènes d’action qui, bien que très courtes, sont filmées avec suffisamment de nervosité pour ne pas ennuyer. Le problème, c’est que toute cette maîtrise visuelle se retrouve au service de pas grand-chose.

© The Dog Stars

Car, pour ce qui est du fond, le film enchaîne les clichés réchauffés sans jamais chercher à proposer la moindre vision originale ou le moindre angle neuf. Cette absence totale d’originalité narrative rend le film extrêmement prévisible, à tel point que le scénario finit par sombrer dans des facilités d’écriture et des raccourcis dramatiques qui frôlent parfois le ridicule. Mais le vrai problème est que le film ne sait absolument pas ce qu’il veut raconter. Il existe, il s’étale sur presque deux heures, mais il n’a absolument rien à dire. On sent bien qu’il y a une volonté d’aborder plusieurs thématiques, que ce soit la perte, la reconstruction, la résilience ou l’espoir, mais aucune de ces pistes ne trouve réellement l’espace pour évoluer. Elles sont posées là, effleurées, puis abandonnées au profit de la scène suivante. C’est un film aléatoire qui peine à imbriquer ses idées les unes avec les autres. Qu’il s’agisse du montage qui hésite sur son propre rythme, des dialogues qui manquent cruellement de substance ou bien du développement des personnages qui reste constamment en surface, le scénario avance en cochant des cases sans jamais chercher une cohérence globale.

La trajectoire de la bande de survivants résume à elle seule ce manque d’inspiration. Plutôt que de vivre un véritable voyage initiatique ou de construire une dynamique collective prenante, les personnages ne font que valider une série de passages obligés du cinéma post-apocalyptique. Ils traversent l’intrigue comme on valide des points de passage dans un jeu vidéo, sans que cela ne vienne enrichir l’univers ou offrir une réelle épaisseur à chacun d’entre eux. On assiste à une succession de tableaux isolés qui ne développent rien, nous laissant à distance d’un récit incapable de trouver sa propre identité.

EN DEUX MOTS

Ridley Scott revient avec un film opportuniste et extrêmement brouillon, sorti 15-20 ans trop tard. Un film qui possède une enveloppe technique soignée et quelques fulgurances de mise en scène, mais qui ne parvient jamais à transformer cette forme en fond digne d’intérêt.

2,5

Note : 2.5 sur 5.


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Ils en parlent également : Les Cahiers du cinéma, Le Monde ou Journal du geek

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