SYNOPSIS
Alexandre est prêt à tout pour renouer avec sa fille. Mais un beau matin, elle décide de s’enfuir et surtout de ne pas se présenter à son entretien d’école. Pour la retrouver, il infiltre une équipe participant à un jeu de rôle grandeur nature dans un univers médiéval-fantastique. Cette quête le ramène progressivement à ses propres rêves oubliés. Le Roi du Game est un film français réalisé par Éric Judor sorti en 2026.


NOTRE CRITIQUE
À première vue, Le Roi Du Game ressemble vaguement à ce projet YouTube bricolé par trois chouffins fans d’Alexandre Astier. Mais avec Eric Judor aux commandes, on s’attend plutôt à un Problemos version Heroic Fantasy.
Effectivement, on ne s’est pas trompé, car Eric Judor reprend exactement la même mécanique que dans son film de 2017. En gros, un père un peu cringe, très déconnecté, que l’on balance dans un milieu hostile où tout ce qu’il méprise y est réuni. L’enjeu pour le cinéaste, c’est toujours de créer du contraste comique, en se moquant de son personnage principal hors sol, et parfois en se moquant aussi des personnages en face de lui. En tout cas, c’est vraiment ce qui fonctionnait dans Problemos, car aucun des deux « camps » n’était épargné. Dans Le Roi Du Game, en revanche, c’est beaucoup plus compliqué.. car finalement on n’a pas tant envie de moquer ces adeptes de Grandeurs Natures. On sent bien, d’ailleurs, que Eric Judor lui-même ne veut pas « détruire » son décor et ces personnages, il a de la compassion pour eux, et ça se ressent avec la troupe qui accompagnera Alexandre dans son aventure. Du coup, l’humour repose presque uniquement sur son héros et son inaptitude à se fondre dans la masse. Donc globalement, et on peut le dire avec certitude car tout le monde sera d’accord : ce nouveau film est beaucoup moins drôle que Problemos. Mais à vrai dire, Eric Judor semble vraiment assumer ce choix. Vous savez pourquoi ? Parce que Le Roi Du Game est certainement son scénario le plus ambitieux..

En fait, il décide de changer la formule en donnant plus de relief à ses personnages. À commencer par Alexandre, auquel il invente tout un background de commercial has been, en léger conflit avec ses enfants, un vrai papa célibataire déconnecté des nouvelles pratiques.. Autant de petits détails pour donner du grain à son personnage et dire au spectateur : il est débile et déconnecté, mais voilà pourquoi. Donc une autre logique que Problemos, qui va créer beaucoup plus d’empathie. Et comme évoqué plus haut, il est tout aussi bavard sur ses autres personnages. Même un peu trop, en justifiant à chaque fois le passif de ses personnages secondaires au GN : comment ils se sont lancés là-dedans.. pourquoi.. qu’est-ce que cela leur apporte.. Bref, Eric Judor est beaucoup moins moqueur, et beaucoup plus tendre avec ses protagonistes. Cette évolution se manifeste aussi dans sa mise en scène, avec beaucoup de flashbacks pour vraiment illustrer tout ce qu’il a écrit. Ce qui ne change pas en revanche, c’est bien l’art de la réplique par Eric Judor. Les dialogues font toujours mouche, tout en conservant beaucoup de naturel et un chouille de vulgarité par moments. Il s’amuse, il tente des choses, comme par exemple la séquence de baston avec le dragon, qui rappelle presque des vieux nanars japonais sur Godzilla. Les signaux étaient donc plutôt au vert pour Eric Judor, mais c’était sans compter les quinze dernières minutes..
Le réalisateur finit par être rattrapé par une écriture trop volontariste. Il a envie de donner du sens à tout son récit, notamment à travers la relation père-fille : un papa avec une carrière d’artiste déchu qui préfère que sa fille se redirige vers des emplois « plus stables ». Bref, des thématiques modernes et concrètes, mais Eric Judor se perd à tout démêler. Son intrigue d’écrivain ne fonctionne jamais, c’est le bordel, et la « bataille finale » est d’un brouhaha qui nous laisse malheureusement sur une fausse note.
EN DEUX MOTS
Le Roi Du Game évite assez bien les pièges cringe que l’on pouvait redouter avec ce décor d’Heroic Fantasy. Eric Judor met un peu d’eau dans le vin de sa comédie pour un long-métrage plus écrit, peut-être moins drôle que d’habitude, mais toujours réjouissant à suivre.
3,5
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