CRITIQUE | FILM

GOUROU : mauvais feedback

Critique | Après 'Visions' en 2023, puis le terrible 'Dalloway' sorti en fin d’année dernière, Yann Gozlan revient au cinéma avec 'Gourou', porté par Pierre Niney et… Cyril Hanouna. Tous les ingrédients réunis pour poursuivre sa chute cinématographique.

SYNOPSIS

Mathieu Vasseur, alias Coach Matt, est aujourd’hui le coach en développement personnel le plus suivi de France. À une époque où la défiance envers la politique s’accroît et où la religion ne fédère plus, il offre à ses fidèles une catharsis parfaitement orchestrée, héritée des modèles américains, capable d’enflammer les foules tout en alarmant les pouvoirs publics.

© Gourou

Pris dans latourmente des critiques, tandis qu’un projet de loi visant à encadrer sa profession se dessine au Sénat, Matt s’engage dans une fuite en avant vertigineuse, aux confins de la démesure, de la folie et de la célébrité. Gourou est un film français réalisépar Yann Gozlan et sorti en 2026. C’est le septième long-métrage du réalisateur.

NOTRE CRITIQUE

Un mégalo endoctrine des âmes perdues pour bâtir un business bien juteux. Ah non, on ne parle pas de Cyril Hanouna étrangement, même si celui-ci figure bien au casting. Dans Gourou, on parle de Mathieu Vasseur, une fois encore incarné à l’écran par Pierre Niney.

Car oui, l’acteur français traîne déjà ce joli nom dans d’autres longs-métrages du réalisateur Yann Gozlan, comme Boite Noire ou encore Un Homme Idéal. Aujourd’hui, ce Mat devient une sorte de prédicateur moderne, coach de vie autoproclamé, qui embobine à coups de discours scéniques inspirants et pleins de démagogie. Et ce sujet constitue un très bon point de départ quand on observe tout ce qui se joue actuellement sur les réseaux sociaux et ailleurs. Entre coachs de vie, coachs en business, coachs en cryptomonnaie, ou même coachs en cinéma.. Ils ont tous quelque chose à vous apprendre, ils ont surtout tous quelque chose à vous vendre. Le problème, c’est que Yann Gozlan n’a lui-même pas compris son sujet, car ici, il s’acharne à victimiser son protagoniste principal, principalement motivé par son délire quasi-maladif de singer Alfred Hitchcock. Gourou se transforme alors en thriller, là où on l’attendait autre part. Le réalisateur embarque son personnage dans une succession de mensonges imbriqués, qui finissent tous par offrir des justifications à son comportement, à ses motivations, à ses ambitions.. Or Mathieu Vasseur, comme ses homologues bien réels, est tout autre chose…

© Gourou

Les coachs et autres prédicateurs du moment sont, en 2026, des capitalistes de premier ordre, avec une seule obsession : l’argent. Et s’il y a bien une chose soigneusement esquivée tout au long de Gourou, c’est bien ça. Yann Gozlan préfère placer la morale mortifère de son infâme personnage au cœur du récit, quitte à faire basculer le projet dans un téléfilm du dimanche soir. Petits meurtres de village au programme.. On se retrouve alors devant un jeune homme sans diplôme en quête de reconnaissance, notamment auprès de son frère, désireux de devenir un rouage « utile » de la société. En bref, il y croit a son délire de coach. Et ce n’est qu’après les retours acides de la société à son encontre qu’il sombre dans une spirale infernale. Pire encore, le film va jusqu’à le présenter comme une victime, face à des individus qui lui voudraient du mal. Du coup, Gourou n’a plus rien à raconter sur son gourou. Il délaisse l’analyse pour flirter avec le thriller ronflant, enchaînant les rebondissements qui nous éloignent, minute après minute, de sa problématique initiale. Là-dedans, Pierre Niney propose du bon comme du moins bon, comme lui aussi perdu dans un scénario aux intentions brouillonnes. Yann Gozlan ne pourra pas beaucoup l’aider avec sa mise en scène d’appartement témoin Ikéa –qui rappelle fortement Visions d’ailleurs. Au final, Gourou n’a que son synopsis pour séduire, et Yann Gozlan se fait déjà vieux, alors qu’il n’a que 48 ans..

EN DEUX MOTS

Thriller froid, dans le mauvais sens du terme. Gourou rate l’occasion de créer l’antagoniste businessman de l’année français et se contente d’un thriller convenu, où Yann Gozlan singe (une fois de plus) Alfred Hitchcock.

1

Note : 1 sur 5.


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