SYNOPSIS
La princesse Harmonie, gardienne des étoiles, voit son existence basculer lorsqu’une menace mystérieuse la sépare de sa sœur Peach, envoyée loin d’elle pour être protégée. Des années plus tard, tandis qu’Harmonie veille sur d’étranges créatures cosmiques, Peach règne sur le Royaume Champignon sans connaître toute la vérité sur ses origines. Mais lorsqu’un nouvel ennemi surgit et met en péril l’équilibre des mondes, leurs destins s’apprêtent à se croiser à nouveau.

Pendant ce temps, Mario, Luigi et leurs alliés sont entraînés dans une aventure qui dépasse tout ce qu’ils ont connu, entre désert, galaxies lointaines et affrontements inattendus. Alors que les liens se tissent, que les secrets refont surface et que d’anciens ennemis révèlent des facettes insoupçonnées, une course contre la montre s’engage pour sauver Harmonie et préserver l’univers..

NOTRE CRITIQUE
Trois ans déjà que la première adaptation Super Mario Bros est sortie sur nos écrans. À l’époque, on ne donnait pas forcément cher de la peau du plombier moustachu, surtout en sachant que le projet tombait dans les mains du studio Illumination.
Et quand on voit la faiblesse narrative qui définit des licences comme Moi, Moche et Méchant ou Les Minions, on craignait forcément un énième produit marketing dénué d’âme. Et pourtant, la surprise fut assez bonne. Sans crier au chef-d’œuvre, ce premier opus proposait de vraies idées et une structure cadrée. Les personnages avaient une vraie trajectoire, les enjeux étaient clairs et le fan service ne se contentait pas d’être une simple béquille nostalgique, il servait le récit. Mais surtout, le film avait su se dépoussiérer en transformant Peach en une femme forte et courageuse, loin du cliché de la princesse en détresse. C’était un moment de divertissement honnête qui laissait espérer le meilleur pour la suite. Malheureusement, ce Super Mario Galaxy est une immense déception qui, pour rester dans le thème spatial, ressemble plus à un trou noir qu’à une étoile filante. Évacuons tout de suite le seul point positif : l’aspect technique. Oui, l’animation est splendide, les textures sont riches et la 3D est très élégante. Mais bon, avec un budget de 110 millions de dollars, la moindre des choses est d’avoir un film beau à regarder. Ce n’est clairement pas un argument suffisant pour sauver le film. Parce qu’en dehors de cet aspect visuel, le film n’est juste rien. On se retrouve devant un enchaînement de petites scènes découpées, uniquement pensées pour faire plaisir aux joueurs, mais qui ne sont jamais liées entre elles. Rien ne se répond, rien ne s’articule, et surtout, rien ne fait avancer l’histoire.

En même temps, il faudrait déjà qu’il y ait une histoire à faire avancer. On assiste même à un rétropédalage incompréhensible avec le retour du vieux cliché de la demoiselle en détresse qu’il faut secourir, en l’occurrence la princesse Harmonie. On pensait pourtant avoir dépassé ce stade. Harmonie, privée de tout développement, de toute substance, et qui disparaît de l’écran pendant les trois quarts du film, alors qu’elle en est pourtant le moteur. Et elle n’est malheureusement pas la seule à faire de la figuration. L’arrivée de Yoshi (interprété par Donald Glover : WTF ?!?) est un parfait exemple de ce gâchis. On nous balance une « origin story » expédiée en vingt secondes pour finalement le réduire au rang de simple animal de compagnie sans utilité narrative. Même Mario et Luigi finissent par devenir des figurants dans leur propre aventure, dénués de toute évolution narrative. Et le traitement des antagonistes n’est pas beaucoup mieux. Bowser subit une évolution dont on cherche encore la cohérence, accompagné cette fois-ci de son rejeton qui débarque de nulle part, avec des pouvoirs liés à la peinture que le film ne prend même pas la peine d’expliquer. C’est d’ailleurs le mal profond de cette suite. Le film part systématiquement du principe que tout le monde connaît déjà l’univers par cœur, et qu’il est donc inutile de construire un cadre cohérent ou d’expliquer les mécaniques du récit. Les personnages et les références vont et viennent sans aucune logique, ni explication. À la différence du premier film où les clins d’œil ponctuaient l’histoire, ici, les références sont l’histoire. C’est un fourre-tout épuisant où des séquences entières de fan service défilent sans aucune nécessité, rendant l’ensemble totalement illisible pour quiconque ne posséderait pas un doctorat en histoire de Nintendo.
Et il serait trop facile, et même malhonnête, de brandir l’excuse du « public cible » pour justifier une telle pauvreté. Ce n’est pas parce qu’un film est destiné aux enfants qu’il doit être aussi médiocre, paresseux et dénué de profondeur. Le premier opus, ainsi que bien d’autres films qui ciblent le même public, ont prouvé que les enfants méritent mieux que cela. Ici, toute forme de tension ou de drame est détournée, expédiée ou purement et simplement rejetée. Considérant ces enfants comme incapables de s’intéresser à autre chose qu’à des couleurs vives qui s’agitent frénétiquement sur l’écran. En l’état, Super Mario Galaxy est un film méprisant et inutile, qui ne semble exister que pour préparer un troisième film que l’on espère, cette fois, bien plus inspiré.
EN DEUX MOTS
Cette suite de Super Mario est une veilleuse qui projette de magnifiques couleurs au plafond pour divertir les bambins. C’est une compilation épuisante de références, spécialement conçue pour les fans. C’est une proposition qui n’a rien à dire et qui rétropédale constamment. En tout cas, ce n’est en aucun cas un film.
1,5
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