CRITIQUE | FILM

GOOD LUCK, HAVE FUN, DON’T DIE :  la suicide squad du pauvre

Critique | Le retour du roi. Le réalisateur visionnaire souvent acclamé par sa jolie fanbase est de retour après dix ans d’absence. Oui, Gore Verbinski revient avec une fable dystopique radicale et complètement fumeuse. C’est l’heure de notre critique Good Luck, Have Fun, Don't Die.

SYNOPSIS

Un soir, dans un restaurant miteux de Los Angeles, un homme à l’allure étrange et négligée fait irruption, un détonateur à la main, affirmant venir du futur. Selon lui, c’est la 117e fois qu’il remonte le temps pour tenter d’empêcher une apocalypse provoquée par une intelligence artificielle et sauver une humanité abrutie par les écrans. Son dernier pari : rallier les clients présents pour constituer une équipe capable de changer le cours des choses.

© Good Luck, Have Fun, Don’t Die

Si ce groupe aussi improbable qu’inexpérimenté réussit, alors l’humanité a peut-être encore une chance… ou peut-être pas. Après tout, rien n’est certain. Good Luck, Have Fun, Don’t Die est un film de science-fiction américano-allemand réalisé par Gore Verbinski, sorti en 2025. Il a été présenté au Beyond Fest de Los Angeles.

NOTRE CRITIQUE

Gore Verbinski signe enfin son grand retour avec un projet tout neuf et assez radical, plus de dix ans après le thriller psychologique A Cure for Life, porté par Dane DeHaan, qui est sorti dans une relative indifférence critique. Il n’a rien fait entre-temps. Il faut dire que Gore Verbinski reste associé à l’ampleur pharaonique de la trilogie Pirates des Caraïbes, et avec ça en tête, on peut dire qu’il nous avait manqué. 2026, un retour gagnant ? Pas totalement.. en tout cas pas aidé par une promotion catastrophique et une opération marketing désastreuse. Ce projet de série B au budget modeste pourrait bien peiner à trouver son public, et donc à rentrer dans ses frais.. Et c’est bien dommage, car Good Luck, Have Fun, Don’t Die arrive au moment opportun, dans une période mouvementée où l’intelligence artificielle commence à prendre toute la place dans notre société. Le cinéaste se sert de cette thématique pour lancer son rollercoaster aussi déjanté que farfelu. Il y introduit un sacré personnage, incarné par Sam Rockwell, qui continue d’épater par l’étendue de son jeu. Un protagoniste qui a pour mission de créer l’équipe parfaite pour sauver le futur d’une catastrophe imminente. Ca donne envie..

© Good Luck, Have Fun, Don’t Die

L’homme du futur va alors rassembler une belle bande de bras cassés, digne de la Suicide Squad du pauvre, et entamer un petit périple pour sauver ce qu’il reste de l’humanité en pleine perdition. Le récit est ponctué de plusieurs flashbacks qui cherchent à développer les figures de cette équipe, tout en esquissant l’univers nihiliste imposé par la vision de Gore Verbinski. Ce nouveau long-métrage jouit d’une indéniable qualité de postproduction, qui s’amuse constamment à jouer avec ses personnages comme avec des figurines. En même temps, ils ne sont pas au bout de leurs peines quand on voit les multiples péripéties auxquelles ils vont faire face. Gore Verbinski arrive, d’une main de maître, à gérer son univers décalé tout en restant alarmant sur la situation qui nous tombe dessus. Une horreur radicale qui questionne et qui se trouve être d’une pertinence absolue si l’on se penche bien dessus. Jamais véritablement réac, ni défaitiste à la mort, le réalisateur arrive toujours à parfaitement allier ses arguments pour rendre son univers tangible et son message clair. Cette série B offre tous les outils nécessaires pour rendre un film d’aventure fun et par moments imposant. Une qualité devenue rare, à l’heure où certains projets peinent à justifier les moyens colossaux qui leur sont alloués..

On notera malgré tout quelques séquences prévisibles, ainsi qu’un final un peu tiré par les cheveux, qui viennent légèrement chahuter ce long-métrage aussi réjouissant qu’inquiétant. Mais au final, Gore Verbinski fait mouche une fois de plus, et arrive à surprendre son public avec le peu de moyens mis à sa disposition.

EN DEUX MOTS

Un roller coaster efficace, fun, déjanté et inquiétant. Gore Verbinski se sert des outils mis à sa disposition pour dépeindre une société défaillante à travers un univers tangible et radical. Une série B qui fait mouche et qui ne manque pas de caractère. 

3,5

Note : 3.5 sur 5.


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