CRITIQUE | SERIE

LUCKY LUKE : son ombre l’a vaincu

Critique | Le cowboy le plus reconnu de l’Ouest a aussi le droit à sa série, un événement que tout le monde attendait avec impatience (c’est faux). Après Jean Dujardin dans le costume, Alban Lenoir tente l’expérience dans une série qui aurait mieux fait de rengainer avant même de dégainer.

SYNOPSIS

Lucky Luke, le mythique cow-boy solitaire, se voit contraint de prêter main-forte à Louise, une jeune femme de 18 ans au tempérament aussi piquant qu’un cactus et aussi imprévisible qu’un coyote en furie. Ensemble, ils traversent l’Ouest sauvage dans une quête périlleuse pour retrouver la mère de Louise, disparue dans des circonstances troubles, tout en déjouant un complot capable de bouleverser l’histoire des États-Unis.

© Lucky Luke

Entre fusillades, poursuites effrénées, coups de tête mémorables et rencontres inattendues avec les Dalton, Billy the Kid ou Calamity Jane, ce duo improbable va devoir apprendre à s’apprivoiser. Car au fil de cette aventure haletante, qui éclaire autant le passé que l’avenir du célèbre tireur plus rapide que son ombre, ils découvriront que le véritable défi n’est peut-être pas de sauver l’Amérique.. mais de réussir à faire équipe. Librement inspiré des bandes dessinées de Morris et Goscinny.

NOTRE CRITIQUE

L’homme qui tire plus vite que son ombre n’arrive même plus à dégainer son pistolet. C’est le point de départ de cette nouvelle série Disney+ portée par Alban Lenoir dans le rôle du célèbre cowboy. Et dit comme ça, l’idée fonctionne : un tireur soudain incapable de tirer, une métaphore toute trouvée, encore faut-il avoir le courage d’aller au bout de tout ça.. Ah mais pardon, on oublie de préciser qu’on était sur Disney plus. Woke mais pas trop quand même, car on doit plaire à tout le monde. Une logique industrielle bien rodée, déjà éprouvée par Netflix, Prime Video ou HBO Max. Bref, la série Lucky Luke retombe très vite dans un format ultra-court où l’humour sert de cache-misère à l’absence d’ambition narrative. Où le casting, mélange d’anciennes vedettes YouTube et de népobabies, ressemble surtout à une vitrine mal foutue. Un alignement de profils venu garnir son cv d’une expérience signée Disney. En fait, la série Lucky Luke ne déroge jamais à la règle. Pourtant, on sent que les showrunners n’étaient pas de cet avis. Des traces de bonnes petites idées, comme cette tentative de triangle amoureux entre le bon cow-boy et la brute méchante, ou encore cette intrigue autour d’une adolescente incontrôlable, qui introduit timidement des thèmes de filiation et de transmission. Une aventure, à la recherche de ce troisième personnage, dans un sillage où la paternité prend une place importante. Sauf que la série est rattrapée par le besoin maladif de séquences à sketch, où l’humour lourdaud occupe toute la place..

© Lucky Luke

Le pire, c’est que les épisodes finissent tous par se ressembler.. L’intrigue avance à reculons, pendant qu’on force le trait sur chaque rencontre rocambolesque. Comme une envie d’empiler toutes les références possibles à l’imaginaire de la conquête de l’Ouest, quitte à faire une blague sur chaque figure croisée. Certaines fonctionnes, le Billy the Kid en jeune adulte raté arrache un sourire, mais à force d’insister, plus rien n’a vraiment de valeur. D’autant que la série Lucky Luke s’émancipe totalement de la bande dessinée.. pour finalement ne ressembler à rien. Le héros lui-même devient une copie fade. Alban Lenoir ne saisit jamais la singularité du personnage, à moins que les showrunners s’en désintéressent complètement. Ce qui pourrait être un parti pris, si la série n’essayait pas en parallèle de nous resservir le cliché du héros tourmenté par sa paternité.. Où est le Lucky Luke nonchalant, force tranquille et détaché ? Ici, c’est tout l’inverse : il est maniéré, obsessionnel et plein d’aigreur. Car encore une fois, Disney+ cherche à moderniser à tout prix, quitte à tomber dans les travers prévisibles : joutes verbales artificielles, vannes en rafale, références appuyées avec une vibe contenu internet.. Et c’est peut-être là son plus gros problème : un casting approximatif, des dialogues qui recyclent sans cesse « de la ref » sans jamais créer quoi que ce soit de vraiment personnel. Vous remarquerez que l’on a réussi à écrire toute une critique sans même s’attarder sur le jeu catastrophique de Billie Blain.

À retrouver sur Disney Plus

EN DEUX MOTS

Une pièce de théâtre pour adolescents qui décrochent de YouTube le temps d’un détour sur Disney+. De gag raté en gag raté, les bonnes intentions de départ se diluent dans un format aseptisé qui ne rend vraiment pas hommage à la bande-dessinée.

1

Note : 1 sur 5.


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