CRITIQUE | SERIE

THE BOYS S5 : plus si super que ça !

Critique | Butcher a-t-il enfin eu la peau du Protecteur ? Le monde sombre-t-il dans le chaos ? La Crème doit-il une nouvelle fois affronter un super-héros au méga pénis ? Autant de questions auxquelles la saison 5 de The Boys devra répondre.

SYNOPSIS

Dans un monde entièrement dominé par le Protecteur, dont les caprices mégalomaniaques dictent désormais l’ordre établi, toute opposition semble vouée à l’échec. Tandis que Hughie, La Crème et Frenchie sont détenus dans un « Freedom Camp », Annie s’efforce de fédérer une résistance face à la toute-puissance des Supers. De son côté, Kimiko demeure introuvable, laissant planer de nombreuses incertitudes.

© The Boys – Saison 5

Mais le retour inattendu de Butcher, déterminé à déployer un virus capable d’éradiquer tous les Supes, vient bouleverser l’équilibre déjà fragile du monde. Alors que les tensions atteignent leur paroxysme, une confrontation décisive s’annonce, promettant de redéfinir à jamais le destin de l’humanité.

NOTRE CRITIQUE

The Boys aura été l’une des séries télévisées phares de la décennie 2020 et, pour le coup, elle jouit d’un bon consensus de la part de la critique. En tout cas, c’est ce qu’on pouvait dire avant cette saison 5, ultime chapitre de la série, censé boucler toutes les intrigues et mettre un point final (ou pas) au règne de Homelander. Tient-elle vraiment ses promesses ?

Avant de répondre à la question, on peut déjà dire que la tâche semblait assez compliquée. Pourquoi ? Parce que The Boys n’avait pas vraiment fait avancer ses intrigues dans la saison précédente. Au contraire, elle a posé plus de questions, ouvert encore plus de portes et, avant même de lancer le premier épisode, on pouvait légitimement se demander comment la série allait pouvoir tout traiter en seulement huit heures. Spoilers : The Boys saison 5 expédie tout. À la vitesse d’A-Train, cette ultime salve d’épisodes s’empresse de boucler ce qu’elle a commencé. Les relations entre les groupes de protagonistes sont beaucoup moins développées et tendent rapidement vers une réconciliation générale dans un objectif commun : stopper Homelander. Soit, mais il n’y a pas qu’eux. The Boys a toujours pris un malin plaisir à introduire une multitude de personnages hauts en couleur, c’est d’ailleurs souvent jouissifs pour le spectateur. Force est de constater que, pour certains, les oubliettes seront la destination finale. Et ce malgré la bonne volonté des showrunners qui, on le sent, restent attachés à plusieurs d’entre eux et tentent de ne pas bâcler complètement leur évolution. On pense par exemple à Firecracker, qui a droit à quelques minutes de backstory destinées à mieux préparer sa fin tragique. Mais c’est tellement téléphoné et précipité qu’il reste un petit goût de gâchis. Le constat est sensiblement le même pour la plupart des personnages secondaires/tertiaires de la série. Mais la raison est assez simple, cette saison 5 est avant tout dédiée au grand méchant : Homelander. Ce dernier chapitre nous plonge dans les tréfonds de l’esprit de cet antagoniste, entre carences affectives, délires psychotiques et dérive messianique.Tout y passe pour faire de cette figure l’un des plus grands méchants du paysage télévisuel. Les showrunners ont bien saisi le potentiel du personnage, magistralement interprété par Antony Starr, et qu’il fallait lui offrir une conclusion à la Dark Vador, quitte à reléguer certains autres protagonistes au second plan. Un sacrifice payant ? Difficile de répondre à cette question..

© The Boys – Saison 5

Peut-être aussi parce qu’on n’est plus habitués à ça à force de consommer des séries Netflix, Disney+ ou même Prime Video. Une saison finale est généralement synonyme de grands retournements de situation, de prises de conscience ou de décisions cruciales pour chaque personnage. Ici, on assiste finalement à très peu de choses comme ça. Les gentils restent gentils (enfin, pas totalement) et les méchants restent méchants (oui, totalement). En gros, il n’y a pas de changement de camp à la dernière minute. La saison 5 de The Boys est assez fataliste dans sa vision d’un monde où les convictions ne bifurquent pas au gré des événements, à part pour tendre vers encore plus autoritaire.. Ca évite clairement certains pièges narratifs un peu simplistes que l’on retrouve souvent dans les séries télévisées, et c’est plutôt intelligent pour une œuvre qui se veut un reflet (très légèrement) déformé de notre époque. On ne compte plus les parallèles avec l’Amérique de Trump, à croire que The Boys is the new South Park. Donc finalement, cette dernière saison ne se travestit pas. Elle ne fait pas de courbettes pour plaire au plus grand public. Sauf qu’on attend aussi d’une conclusion qu’elle nous offre un vrai bouquet final, surtout après avoir autant teasé le chaos avec Homelander au sommet. C’est justement là que la série dévie légèrement. Homelander tente de convertir, mais la population n’y croit pas. Comme si les showrunners nous disaient finalement que le monde n’irait jamais jusque-là, qu’il y a une limite. Un parti pris étonnant quand on repense aux quatre saisons précédentes, qui n’ont cessé de pousser tous les curseurs vers le plus extrême.

Des écarts mineurs, mais mis bout à bout, ils finissent par décevoir, surtout lorsqu’arrive le climax du dernier épisode. Une sorte de pyramide de combats assez mid, conclue par une fin qui manque de spectaculaire. C’est frustrant, car la série nous tease pendant plusieurs épisodes ce fameux virus comme solution, pour finalement dégainer dans les arrêts de jeu, un raccourci scénaristique qui vient régler l’intrigue et conclure la série. Une impression de précipitation ou de manque de convictions. C’est dommage, car la série avait fait le plus dur avec ses quatre premières saisons..

À retrouver sur Prime vidéo

EN DEUX MOTS

Une conclusion plutôt fade, quand on connaît l’impertinence des saisons précédentes. Elle aura néanmoins le mérite de proposer un focus pertinent sur son antagoniste ultime, qui devient de fait le véritable visage de la série. Est-ce que ce n’est pas plus mal, à vrai dire ?

3

Note : 3 sur 5.


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