SYNOPSIS
Depuis sa rencontre avec Kristen à Los Angeles, AJ, un lycéen discret passionné de skateboard et de dessin, voit sa vie basculer. Kristen, quant à elle, ne vit que pour le surf et l’océan. Leur complicité se transforme peu à peu en une profonde histoire d’amour. Mais leur bonheur est bouleversé lorsque Kristen découvre qu’elle est atteinte d’une grave maladie. Ensemble, ils affrontent cette épreuve avec courage, portés par la force de leurs sentiments, le soutien de leurs proches et leur passion commune pour le surf et la mer.

In Waves est un film d’animation franco-belge réalisé par Phuong Mai Nguyen, sorti en 2026. Adapté du roman graphique autobiographique éponyme d’AJ Dungo, il s’agit du premier long métrage de la réalisatrice. Le film a été présenté en séance spéciale lors de l’ouverture de la Semaine de la critique au Festival de Cannes 2026.

NOTRE CRITIQUE
L’été est enfin là, avec ses 36 degrés à l’ombre. Rien de tel, donc, qu’un film sur le surf pour reprendre des couleurs et de se remettre un peu de baume au cœur. Sauf que, spoiler : le personnage meurt d’un cancer. Voilà, désolé de vous gâcher la surprise, mais autant le dire direct, car In Waves mise beaucoup trop sur ce ressort tragique qu’il finit par écraser tout le reste.. C’est dommage parce que le film a tant d’autres choses à offrir..
Séquencé en trois parties bien distinctes (la romance, le surf, puis le cancer -pour le dire de manière très triviale), In Waves épouse surtout sans retenue les codes du bon gros mélodrame que l’on connait bien. Dès les premières images, le spectateur est confronté à une histoire d’amour expédiée à coups de clichés, baignée dans une palette de couleurs vives et portée par une bande originale tout droit sortie d’une romance catalogue Netflix. Une proposition déjà trop « teenagerisée », qui surprend au regard de sa sélection au Festival de Cannes 2026. Là où l’on pouvait attendre une certaine complexité narrative ou émotionnelle, le film préfère d’abord dérouler un récit amoureux assez lambda. Mais ça, c’était avant d’introduire le surf. C’est ici que le premier long métrage de Phuong Mai Nguyen trouve enfin toute sa singularité. À travers ce sport, le film explore autant la transmission que l’expérience sensorielle. Le partage de passion transperce l’écran, donnant par effet de ricochet les plus beaux instants de mise en scène. Entre l’eau et la terre, entre les corps et les planches, les personnages se racontent moins par leurs dialogues que par leur manière de glisser sur l’océan. Et paradoxalement, c’est lorsque la caméra s’éloigne d’eux (dans ces magnifiques plans aériens où les silhouettes flottent sur l’eau) que l’intimité est encore plus forte. Le surf devient un petit langage, le lien invisible qui unit les personnages, mais aussi le moteur émotionnel pour la suite du récit.

In Waves est aussi et surtout une adaptation du roman graphique d’AJ Dungo, inspiré de sa propre vie. Il est à la fois l’auteur, le dessinateur et le surfeur, et dans ce récit autobiographique, il veut forcément rendre hommage à Kristen. C’est ce qui touche le plus dans le film : une part de vécu, un destin tragique qui chamboule tout un entourage au cœur de la côte californienne. In Waves interroge alors l’héritage des nôtres, ceux qui disparaissent et la manière dont ils continuent d’habiter les vivants. Le film serait un véritable succès s’il ne faisait pas tout pour pointer du doigt ce parti pris.. Comme si Phuong Mai Nguyen refusait de s’approprier cette histoire, par respect ou par pudeur envers son auteur. Et sans cette intention, elle prive le film d’une véritable personnalité. En voulant simplement dupliquer le récit qui n’est pas le sien, l’émotion reste souvent en surface, et c’est ce qui est le plus frustrant avec In Waves. Comme une histoire qui passe de personne en personne, chacun la racontant à son tour à quelqu’un d’autre. L’intime s’efface au fil du temps, et forcément, perd la puissance narrative. Au profit de quoi ? Quelques contrastes pop et une animation haute en couleurs. Une idée séduisante dans un premier temps, surtout lorsqu’elle accompagne les séquences de surf, mais qui finit par devenir trop illustratif. Puis, elle devient même illusoire quand on force clairement avec une conclusion trop mielleuse. Reste cependant un magnifique travail sur l’environnement. Le surf est filmé avec de la sensation : les tubes, l’écume, la lumière californienne.. Dans ce petit bout de territoire où tout est possible avec le rêve américain, In Waves rappelle aussi que le destin peut tout faire basculer en cauchemar.
EN DEUX MOTS
Mélodrame qui n’avait pas besoin d’en faire des caisses, mais qui le fait quand même. In Waves reste cependant une belle œuvre de cinéma d’animation quand il s’agit de faire danser ses personnages sur la vague, emportant le spectateur dans son mouvement du début à la fin.
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