SYNOPSIS
Quatre personnes d’une même famille se retrouvent soudainement, et sans explications, piégés dans leur maison. Sans aucune issue possible, ils vont devoir collaborer pour survivre, en économisant leurs ressources, tout en affrontant la mystérieuse menace qui les retient captifs. Le Dernier Refuge (The Last House) est un film américain réalisé par Louis Leterrier et sorti en 2026 sur Netflix.


NOTRE CRITIQUE
Netflix adore les films à concept. Ceux que l’on peut résumer facilement à la machine à café. Ceux qui sont littéralement produit pour être recommander à n’importe qui : ton collègue, ton copain, tes amis, tes parents.. The Last House est vraiment ce type de projet, mais Louis Letterier tente tout de même de changer la formule..
Sauf qu’encore une fois, quand on fait les choses à moitié, on ne fait finalement rien. The Last House n’est que le résultat d’une belle succession de compromis entre la plateforme SVOD américaine et le réalisateur français. Mais ce qui est sûr, c’est que Netflix prend toujours ses décisions par le prisme du marketing. Dès le départ, tout est pensé pour travailler la rétention sur la plateforme, avec par exemple, une introduction qui pose le décor très rapidement pour impliquer tout de suite le spectateur, avant que celui-ci ne ressente l’ennui. Et toujours dans cette première partie du film, Netflix met en avant une facette de l’intrigue plus lisse, plus familiale. Le confinement décrit dans le film est presque une belle première expérience en famille, malgré tout le caractère angoissant et surnaturel du scénario. Et c’est seulement dans la deuxième partie du film que Louis Leterrier obtient sa carte blanche. En gros, Netflix lui a dit : « tes conneries de Playstation, OK.. mais pas avant une heure de film, pour pas que le spectateur éteigne sa télé. » Car évidemment, le réalisateur français ne voulait pas faire un film tant familial que ça, ni même traiter à proprement parler de l’après confinement Covid-19. Jamais ses personnages ne traversent un isolement similaire, avec ce manque de connexion sociale ou la marginalisation. Dans The Last House, on reste sur un propos bien plus primaire : manque d’eau, mise en avant de la discipline pour réorganiser la vie en communauté, temps qui passe ect..

The Last House est donc un film plein de compromis, parce qu’en réalité, le réalisateur voulait faire un vrai huis clos de tension. À l’image de Crawl (pour citer des chefs-d’œuvre). Et dans ce domaine, en tout cas quand on le touche du doigt à partir du troisième quart du film, le résultat est plutôt de bonne facture. Entre la maison, socle de l’intrigue, qui s’effondre petit à petit, et le design du monstre intéressant, accompagné de ses scènes d’action/survie.. on finit par vraiment regretter ce mélange des genres maladroit. Mais Louis Leterrier reste indéniablement un bon « yesman » d’Hollywood.. et prochainement des plateformes svod, comme en témoigne cette première collaboration. Le cinéaste cloisonne toujours ses spectateurs sur une voie simpliste où, quand la mise en scène solide de l’action n’est pas à l’écran, on retombe rapidement dans une narration assez paternaliste. Même si, on peut le reconnaître, le réalisateur français tente de casser cette image dans The Last House. Notamment avec le personnage de la mère, qui s’affirme au fil des épreuves du scénario et prend une place importante dans les scènes d’action.
D’autant que le climax du film devient un symbole du pouvoir de la famille, où chaque contribution permettra de mettre fin à cet enfer. Au lieu d’un super-papa viril qui sauve tout le monde, par exemple. Des signaux faibles qui nous font dire que Louis Leterrier a encore de la ressource. Même si The Last House reste un mix indigeste de genres, qui trouvera malheureusement sa place dans la filmothèque des oubliés de nos chères productions SVOD.
EN DEUX MOTS
La formule parfaite d’un bon gâchis svod : un casting prestigieux sous-exploité et une bonne idée de huis clos tordue dans tous les sens pour plaire au grand public. Le genre de projet que Netflix ferait mieux de mettre à la porte.
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