SYNOPSIS
Les renforts sont partis maîtriser des feux de forêt et toutes les communications sont coupées. Au poste de police de Hope, Bum-seok et Sung-ae se démènent pour défendre leur village à la population vieillissante. Pendant ce temps, Sung-ki et ses amis partent à la poursuite de la bête dans la montagne mais se retrouvent eux-mêmes pris pour cible. Le malheur émane de l’ignorance. Après des avis divergents, il se transforme en une catastrophe qui touche l’univers entier. Hope est un film sud-coréen réalisé par Na Hong-jin et sorti en 2026. Il est présenté en compétition officielle lors du Festival de Cannes 2026.


NOTRE CRITIQUE
Tout le monde s’attendait à un nouveau thriller policier, saupoudré d’un soupçon de science-fiction. Mais ça, c’était avant la projection cannoise de mai 2026. Na Hong-jin surprend tout le monde avec un vrai film de monstres, qui assume pleinement son décalage avec le reste de la compétition officielle. Un pas de côté (de monstre) gigantesque, qui fait du bien au cinéma.
Hope est d’une maîtrise folle, tout en étant un gigantesque chaos sans fin. Le film épuise ses personnages, épuise son spectateur, mais toujours avec cette ambition de repousser les limites. D’abord par trente minutes d’intrigue pure, où le jeu du hors-champs est fabuleux. Ici, le cinéaste nous fait traverser un village dévasté accompagné par des bruits d’apocalypse en arrière-plan. Tout est là pour faire monter la sauce auprès du spectateur, qui s’accroche déjà à son siège. Et plus on avance dans cette première partie, plus on se dit que, finalement, le film ne va peut-être jamais nous dévoiler le poteau rose.. Puis vient le temps de la révélation, et quelle révélation. Na Hong-jin se fout de la gueule du monde avec ses créatures au design Playstation 2, et c’est encore une fois un coup de génie. Flirtant parfois avec le nanar, puis dans la parodie de film policier ou d’action, Hope est une œuvre hybride, un OVNI venu en même temps que les monstres de son récit. Et dans ce bordel visuel qui tord tous les codes, on trouve pourtant une maitrise de la mise en scène quasi chirurgicale de la part de Na Hong-jin. Le réalisateur coréen ne se prend pas au sérieux, il embrasse le grotesque comme jamais, il accepte totalement la dérision et cela rend Hope encore plus grand.

Cette maîtrise permet notamment au cinéaste de délivrer des séquences d’action folles. Entre course-poursuite à cheval ou en grosse cylindrée, tout va à cent à l’heure, sans perdre son côté ultra fun. Car l’une des forces de Hope, et un aspect assez peu présent dans ces précédents films, c’est l’humour. Hope en est remplie. Entre un personnage qui rebondit d’arbre en arbre ou un octogénaire qui raconte sa pause caca entre les extraterrestres, le film enchaîne de séquences hilarantes à séquences de tension. Et comme le titre semblait l’indiquer, ce nouveau long-métrage est aussi et surtout une vision apocalyptique, une sorte de D-day inopiné qui frappe sans prévenir. Ou plutôt, une fuite en avant de l’être humain qui affronte toujours plus gros, toujours plus chaotique. Bref, un léger présage de fin du monde qui résonne par la métaphore. Mais au milieu de ce désastre inéluctable subsiste évidemment une forme d’espoir, portée par un récit qui met en avant la résilience de ces nobody. Na Hong-jin propose une galerie de personnages particulièrement variés, entre agriculteurs têtes brûlées ou flics peureux, rien ne match finalement avec les codes du genre, et c’est tant mieux. Le réalisateur renverse constamment la table et nous embarque dans un rollercoaster qui ne laisse même pas le temps de souffler. Un film de kiffeur comme on en voit trop peu.
EN DEUX MOTS
Hope est inqualifiable. Une gigantesque farce soignée où Na Hong-jin tourne en dérision les codes du cinéma d’action. Un film ultra généreux, qui nous donne envie de le revoir à chaque fin de visionnage.
5
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Bravo pour cette critique très enthousiaste. Hope est en effet un film jubilatoire qui déroule une ambiance de fin du monde. Les codes du film d’action sont écartelés, tordus en tous sens, avec pour seul souci l’efficacité du plan. Un film monstre, un film de monstres, étrange et étonnant, comme on n’en voit que du côté de la Corée.