CRITIQUE | FILM

MALCOLM & MARIE : Tout ça à cause d’un bol de pâtes au fromage

Révélé aux yeux du grand public avec à la série Euphoria, Sam Levinson tente de nouveau un coup audacieux avec Malcolm & Marie. Deux personnages, noire et blanc, huis clos, le ton est donné. Est-ce aussi chiant que ça en a l'air, on répond à la question dans l'article

ÇA raconte quoi ?

Il est 1h du matin, dans une villa d’architecte impeccable, et nous allons assister à une longue dispute. Oui, c’est bien le pitch. 1h46 de film en huis clos, avec un couple et le tout en noir et blanc. Décrit comme ça, ça a l’air chiant. Laissez-moi vous donner quelques détails en plus. Ce fameux couple a quelques particularités. Déjà, Malcolm et Marie reviennent d’une avant première, mais pas n’importe laquelle. L’avant-première du film réalisé et écrit par Malcolm. Une soirée qui semble donc inoubliable pour lui. Et bien ne t’inquiète pas mon pote, tu n’es pas prêt d’oublier ce soir-là.

Après lui avoir concocté un bol de pâtes au fromage, Marie lance les hostilités. Parce que oui, Malcolm a oublié de la remercier pendant le discours de l’avant-première. Alors que cet idiot a remercié toute la terre : de son prof de CM2 à son cousin germain. Du coup, Marie a quand même bien le seum. Mais si ce n’était que ça. On va se rendre compte, au fil de la nuit, que ce couple est sur le point d’imploser. Une femme, un homme, des fractures, des failles, mais est-ce que tout cela va finir mal ou pas ?

Notre humble avis

Bon OK, Sam Levinson n’a pas choisi la facilité. On peut lui accorder ça, le réalisateur a décidé de prendre un gros risque sur ce film. Seulement deux personnages, huis clos, noir et blanc.. Bref, le ton est donné, et je n’était défaitiste. Pourtant, Malcolm & Marie est une déception. Et pas que pour moi apparemment..

Ce film donne l’impression de tourner en rond. On comprend le choix narratif de la surenchère, du duel entre les deux protagonistes. Qui aura le dernier mot ? Mais, Seigneur, quel ennui. Des longues tirades, des grandes embrouilles– Bla bla bla, le cinéma, bla bla bla tu m’as pas dit merci– Oui, Sam Levinson patauge pendant plus d’une heure. On est rapidement fatigué du Je t’aime moi non plus. De la surenchère sous forme de va-et-vient. J’ai eu l’impression de me retrouver à nouveau dans Tenet avec le protagoniste et des séquences en marche arrière.

Vous l’avez compris, je ne suis pas fan de ce cinéma bavard qui tourne en rond autour de quelques personnages. Et dites à Sam Levinson que s’il souhaite imiter autant Woody Allen, il va falloir baiser sa propre fille à un moment donné –pas sûr que ça soit la voie à suivre– Voir ce couple s’autodétruire et se rabibocher cinquante fois pendant presque 2h me fatigue en fait. Et ces deux-là n’ont même pas connu le covid. Imaginez-les confiner ensemble. Et sur le fond, la critique portée sur le monde du cinéma n’est pas inintéressante, mais c’est tellement grossier. On sent que Sam Levinson veut passer un message et utilise les acteurs comme des marionnettes, sauf que l’on voit les ficelles.

Il y a quand même des points positifs à retenir de ce film. Et le principal, je pense que d’ailleurs tout le monde en conviendra, c’est la performance de Zendaya Coleman. On sentait le potentiel, mais ce film va clairement donner un élan à sa carrière. Elle porte le film. Et fait presque passer John David Washington pour le fils illégitime de Denzel. Zendaya délivre une prestation riche et juste, de la première minute à la dernière. Elle arrive, en plus de ça, à faire oublier la différence d’âge entre les deux acteurs (qui selon moi, allait être un gros problème). Mais ce n’est pas le seul point positif. Quelques monologues marquants et percutants, la bande-son diégétique, une réalisation très soignée.. Bref, on est bien obligé de reconnaitre ces points-là.

En résumé, c’est dommage que ce film soit si ennuyeux. Tout le long, on nous rabâche qu’il faut ressentir les films au lieu d’essayer de les interpréter. Et bien j’ai ressenti le sommeil pendant 1h45. Le noir et blanc est un peu là pour la branlette, on ne va pas se le cacher. Et les dialogues, c’est vraiment du 50/50. Parfois des moments de grâce, parfois des embrouilles du PMU. En fait, on voit les ficelles, on sent que les deux protagonistes recrachent leurs textes (même si l’acting est digne de ce nom). C’est trop écrit, trop psychologique et pas assez naturel. A l’inverse d’un Marriage Story par exemple.

En deux mots

Un couple en pleine d’embrouille, des pâtes au fromage, des longues tirades et le tout en noir et blanc. Le film parfait pour trouver un sommeil profond et passer une nuit agréable et reposante.

2

Note : 2 sur 5.

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