CRITIQUE | FILM

THE CARD COUNTER : poker, crimes de guerre et résilience

Après un petit passage du côté de chez Denis Villeneuve, revoila Oscar Isaac pour l'un des rôles les plus sombres de sa carrière. Notre avis sur The Card Counter.

ÇA RACONTE QUOI ?

Un vétéran, bouc émissaire et bourreau pendant les guerres d’Irak, s’est vu condamner à une lourde peine de dix ans de prison à la sortie de documents d’après-guerre. En prison, il apprend à compter les cartes, tout en s’instruisant et en essayant de combattre ses démons. Désormais libre, il passe son temps à vagabonder de ville en ville dans les différents  États des US, et gagne sa vie en jouant à des jeux d’argent –black jack, roulette, poker, tout en dormant dans des motels.

Un jour, il apprend l’organisation d’une conférence tenue par un de ses anciens hauts dirigeants. Un de ses démons qui faisait partie du programme de torture américain qui lui a valu la détention. À ce même moment, il fait la rencontre d’un jeune homme dont le père a également été une victime collatérale de la folie de ses supérieurs militaires. N’ayant nulle part où aller et criblé de dettes, il décide de l’aider..

NOTRE HUMBLE AVIS

Quel film ! On ne perd pas une seule fois le fil. Le rythme est parfaitement maitrisé du début à la fin, la photographie et la lumière mettent parfaitement en valeur les environnements, tantôt la saleté des salles de torture, tantôt l’aspect clinique des prisons américaines. Non sans oublier les salles de jeux, toujours en lumière surexposée avec de nombreuses couleurs flashy. Pour accentuer le traumatisme des souvenirs du personnage principal, le réalisateur utilise habilement certains effets visuels déformant et dédoublant l’angle de la caméra en mode inversé. Oscar Isaac, quant à lui, tient très bien son rôle : un ex-soldat, prisonnier repenti, qui tente de trouver la paix dans l’alcool et les jeux –passer le temps, comme il dit. Il affirme qu’en tournant en rond, on finit par trouver des choses, des réponses à nos questions. Une mention spéciale pour la scène de simulation de torture qu’il pratique avec l’autre tête d’affiche, assez flippant le bougre.

Chaque nuit, il est hanté par ses souvenirs, par ses démons qui ressurgissent sous la forme d’un trip sous acide supplément 4K. Sa manie de couvrir l’intégralité des chambres de motel témoigne à la fois d’une sorte d’hypocondrie, mais peut également être liée à ses souvenirs carcéraux.. Ou encore à son passé de bourreau, pour ne pas laisser de traces, d’empreintes ou tout simplement ne pas tâcher la moquette.. À moins que cela ne soit une sorte de métaphore de son envie de recouvrir ses souvenirs douloureux, de les exorciser. Bref, le personnage principal est extrêmement bien travaillé dans ce long-métrage, il est mis à nu et affiné par la performance d’Oscar Isaac. Le film tente de creuser en profondeur la psyché de ces soldats payant pour les ordres de ces supérieurs se croyant au-dessus des lois, des conventions et surtout des droits de l’Homme.

La résilience est le maître-mot du parcours de ce personnage, il cherche à l’atteindre à travers l’aide qu’il apporte au jeune adulte anciennement battu par son père -soldat devenu fou et alcoolique. Mais ce dernier, encore plein de rancœur, se laissera submerger par sa colère et son envie de faire payer l’ex-tortionnaire supérieur incarné par Willem Dafoe.. Malheureusement, le chemin de la vengeance est bien souvent le plus sombre, et n’apporte rien de bon. Le duo en fera tour à tour les frais. Cependant, vous n’êtes pas à l’abri de voir des passages bien plus pacifiques, où certains protagonistes trouvent enfin la paix..

EN DEUX MOTS

Un film coup de poing qui remet en lumière un sujet trop peu traité. Certainement l’un des rôles les plus sombres de la filmographie d’Oscar Isaac

4

Note : 4 sur 5.

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