CRITIQUE | FILM

LES ANIMAUX FANTASTISQUES 3 : les secrets d’une catastrophe

Ce troisième opus a la lourde tâche de donner suite aux nombreuses intrigues mises en place dans les deux premiers films, tout en poursuivant le développement du conflit Grindelwald/Dumbledor.

ÇA RACONTE QUOI ?

Dans ce nouvel opus de la saga dérivée d’Harry Potter, Les Animaux Fantastiques, l’ascension de Grindelwald continue. Après avoir rassemblé une armée dans le deuxième film, il cherche maintenant à prendre le contrôle du monde des sorciers. Le professeur Albus Dumbledore connaît les intentions malhonnêtes de ce mage noir, mais incapable de l’affronter seul, il forme une armée autour de notre désormais bien connu magizoologiste, Norbert Dragonneau.

Des sorciers, des sorcières et un boulanger moldu rejoignent cette grande équipe d’intrépides. Leur mission des plus périlleuses les amènera à affronter des animaux, anciens et nouveaux, et les disciples de plus en plus nombreux de Grindelwald. Un sacré programme, mais avec des enjeux aussi élevés, Albus Dumbledore pourra-t-il encore rester longtemps dans l’ombre ?

NOTRE HUMBLE AVIS

Je ne voulais pas y croire en lisant les multiples critiques, mais le constat est là, ce film est bel et bien une catastrophe.

Il est clair que cette saga ne sait pas où elle va, et en conséquence, elle s’embourbe toute seule. Prenez simplement le fait qu’elle continue de s’appeler Les Animaux Fantastiques, alors qu’elle n’a plus rien à voir avec les créatures magiques. Pour pallier à cela, les scénaristes ont décidé de rattacher l’intrigue de Grindelwald à une créature magique : le Qilin. Cette dernière n’est clairement là que pour justifier la présence de Norbert Dragonneau, qui n’a rien à faire ici autrement. Il n’y a qu’à regarder l’armée que Dumbledore compose pour affronter la plus grande menace de tous les temps : un zoologiste et son frère, simple employé au ministère de la magie britannique, qui n’a jamais montré une quelconque aptitude et qui est présent seulement après son introduction dans le deuxième film. On trouve également une enseignante de Poudlard tellement lambda que je ne connais ni son nom, ni la matière qu’elle enseigne. Et pour couronner le tout, un moldu. Comment croire une seule seconde à cette dream team ?

À l’image de Yusuf Kama, cet échec se ressent avec d’autres personnages secondaires. L’exemple le plus criant est celui de Croyance, qui avait été installé comme un personnage majeur, presque la clé du récit, et qui est totalement absent de ce film. Son histoire est résolue en un claquement de doigts à la toute fin -grosse déception. Pareillement pour le personnage de Tina Goldstein, l’un des piliers de la saga, dont l’absence à cause de différends avec le studio n’est jamais expliquée. Cela permet de faire le lien avec un autre problème, puisque cette saga souffre d’autres soucis externes à l’histoire : dans la traditionnelle cancel culture qui frappe notre siècle, Warner Studio a décidé de s’ériger en grand justicier des temps modernes en écartant Johnny Depp du casting (suite aux accusations d’Amber Heard). Il est ainsi remplacé par Madds Mikkelsen, grand acteur, mais dont l’interprétation est bien trop différente pour nous faire croire à une continuité.

En réalité, le film a tellement de défauts que je ne pourrais pas tous les citer. Cela comprend des personnages mal écrits, des incohérences (Anton Vogel), des effets spéciaux ratés.. Le long-métrage conclut ensuite par le pire climax que j’ai vu de ma vie, en matière de cohérence, d’enjeux, et même de décors. Si le film a quelques qualités, comme le fait de nous introduire au monde de la magie allemand (à l’image de ce qui a été fait pour la France dans le deuxième opus), ce n’est malheureusement jamais suffisant au regard de toutes les catastrophes qui suivent. Je ne sais pas comment cette saga va se conclure, mais je suis assez inquiet. Quelle tristesse de voir un si bel univers saccagé. J.K. Rowling est au scénario, mais force est de constater que, soit elle est victime d’un studio qui l’oblige à produire trop vite, soit elle n’en a plus rien à faire de son univers -je pencherais pour la première option.

Ce film est l’équivalent de L’Ascension de Skywalker pour Harry Potter avec 2h20 de néant absolu. Cette saga ne sait pas où elle va et les scénarios semblent être écrits au jour le jour. Comme rien n’est anticipé, ce 3ème volet est pris au piège par les deux précédents.

EN DEUX MOTS

Ayez une idée avant de faire un film. Quand une licence n’est relancée que pour l’argent, ça finit par se voir.

0,5

Note : 0.5 sur 5.

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