CRITIQUE | FILM

OGRE : quand Shrek habite dans le Morvan

Pour son premier film, Arnaud Malherbe nous plonge dans un conte horrifique made in France et aux allures d'une production A24 (Midsommar, The Witch, The Lighthouse...).

ÇA RACONTE QUOI ?

Fuyant un passé douloureux, Chloé démarre une nouvelle vie d’institutrice dans le Morvan avec son fils Jules, de 8 ans. Comme quoi, il n’y a pas que les parisiens qui filent se mettre au vert. Accueillie chaleureusement par les habitants du village, elle tombe sous le charme de Mathieu, un médecin charismatique et mystérieux. Si les premiers moments de cette nouvelle vie semblent idylliques, vous vous doutez bien que cela risque de changer au vu du titre du film..

Très rapidement, de terribles événements perturbent la tranquillité de ces villageois. Et non, nous ne parlons pas du jeu de société.. Un enfant a disparu et une bête sauvage semble s’attaquer au bétail des membres de la communauté. Jules est en alerte, il le sent, quelque chose rôde la nuit autour de la maison et c’est inquiétant..

NOTRE HUMBLE AVIS

Ogre souffre d’un petit syndrome du premier film, mais il nous réserve également son petit lot de surprises.. Le film est assez ambitieux sur certains points, mais il en résulte aussi un léger manque d’audace vis-à-vis de la profondeur des thèmes abordés.

Les thématiques de ce film sont très nombreuses, mais parfois, pas toujours traitées de la manière la plus subtile qu’il soit. On y parle de handicap, d’intégration et de monstruosité humaine, avec tout de même une légère maladresse pour ce dernier quant à son introduction dans le récit. Celui-ci pourrait parfois se rapprocher du cinéma d’un certain Night Shyamalan (notamment « Glass ») lorsque le réalisateur français parle de différences et de don du ciel. On sent Arnaud Malherbe très inspiré dans les sujets qu’il aborde, mais également dans l’ambiance qu’il importe dans son récit. C’est sur ce point que le metteur en scène se débrouille le mieux. Dès le départ, l’atmosphère froide se fait ressentir par des plans parfois sordides, qui ne manqueront pas de faire peur ou de faire sursauter son spectateur (même les plus aguerris). Cette mise en scène recherchée d’Arnaud Malherbe nous plonge dans un univers glauque ou le danger peut survenir de nulle part. Les séquences nocturnes font assez froid dans le dos tant l’ambiance est parfaitement maîtrisée jusqu’au final (assez frustrant).

On peut ajouter à ce conte horrifique très terre à terre un beau casting (sur le papier). Ana Girardot, l’étoile montante française (brillante dans pas mal de ses derniers films), nous délivre une prestation en demi-teinte pour ce long-métrage. Comme une impression malheureuse que l’actrice patauge à travers des lignes de dialogue pas toujours naturelles, au milieu d’une direction d’acteurs assez inégale. Cependant, elle arrivera à révéler la puissance de son jeu lors de séquences un peu plus profondes, notamment lors de ses interactions avec le très jeune acteur Giovanni Pucciqui s’en sort avec les honneurs pour une première. Toutefois, le film tire légèrement sur la corde par instant et met du temps avant de réellement démarrer. On ne sait pas trop où le récit veut nous emmener, et quand on commence à en avoir une idée, le film ralentit son rythme assez considérablement. L’auteur aurait pu aller plus loin dans ses propos et notamment à travers ses nombreux symboles entre enfants et adultes aux lourds passés.

Au final, malgré ses inégalités dans le scénario ou dans le jeu d’acteurs, Ogre reste un joli premier essai de cinéma de genre pour le grand écran. À encourager, évidemment.

EN DEUX MOTS

Un premier essai assez inégal dans son scénario et sa direction d’acteurs, mais intéressant sur de nombreux aspects. On encourage et on veut plus de propositions comme celle-ci ! 

3

Note : 3 sur 5.

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