CRITIQUE | FILM

EO : est-ce que tu m’entends ?

Un petit ovni piloté par un âne gris. EO est le nouveau long-métrage de Jerzy Skolimowski, et il faut le voir pour le croire, car ce projet est un subtil road-movie animalier. Notre critique du film 'EO'

ÇA RACONTE QUOI ?

Le monde est un lieu mystérieux, surtout vu à travers les yeux d’un animal. Pour ce nouveau long-métrage du polonais Jerzy Skolimowski, nous allons suivre un âne gris au destin peu commun. L’animal est sur le point de vivre une grande aventure où il croisera des femmes et des hommes dans le fin fond de la Pologne.

Cet âne découvrira des gens bien et d’autres mauvais, mais fera surtout l’expérience de la joie et de la peine. EO nous offre, le temps d’un instant, la chance de vagabonder sur des sentiers battus avec cet animal plein d’innocence !

NOTRE HUMBLE AVIS

EO (ou traduit en français : hi-han) est un authentique film non identifié. Le réalisateur Jerzy Skolimowski, fidèle à lui-même, propose du jamais-vu. Avant même cette sortie en salles, le projet avait interpellé la croisette cette année. Récompensé à juste titre par le Prix du Jury 2022, EO est certainement le film ayant le plus fait parler sur les plages de Cannes. Tu as vu le film avec l’âne gris ? Pouvait brailler le cinéphile approvisionné d’un mojito à 18€. Il faut avouer que ce long-métrage est totalement expérimental. Une proposition unique qui nous fait traverser un sentier d’émotions en vagabondant auprès d’un âne aussi touchant qu’innocent. En lisant le synopsis, on peut vite avoir quelques appréhensions. EO est parmi les films les moins accessibles de cette année (en tout cas de prime abord), mais sa durée et les différentes péripéties successives font de ce long-métrage un pur concentré de vie. Qui en dit beaucoup sur l’animal, mais encore plus sur nous.

Le réalisateur nous montre à travers les yeux de cet âne gris, le vrai visage de l’homme. Parfois bon, parfois tendre, parfois brutal, parfois mauvais. Surtout mauvais, car le film ne cache pas son engagement pour la cause animale. L’innocence de la bête est dressée face à la cruauté de l’homme tout au long du projet. Heureusement, le cinéaste Jerzy Skolimowski partage aussi des moments de grâce entre hommes et animaux. De quoi faire fondre le spectateur sans difficulté, tant cet âne est parfaitement représenté. EO, c’est aussi une mise en scène et une réalisation ambitieuses, un road-movie à deux à l’heure où certains plans contemplatifs nous questionnent frontalement. Évidemment, très peu de dialogues sont présents ici, mais pourquoi faire ? Le film traite déjà de manière efficace chaque thématique, et sa véracité n’a pas besoin de mots supplémentaires. Chaque image dit quelque chose à la place des personnages. Enfin, la conclusion finit de nous achever tout en nous soutirant une petite larme..

Le réalisateur polonais Jerzy Skolimowski offre une expérience cinématographique unique, à mi-chemin entre le road-movie et le drame familial. L’innocence de l’animal face à la cruauté des hommes, tout cela intelligemment mis en scène. De l’émotion à l’état brut, à l’état animal !

3,5

Note : 3.5 sur 5.

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