CRITIQUE | FILM

GLASS ONION : aux petits oignons

Après le superbe succès (mérité) de son précédent long-métrage 'A Couteaux Tirés, le réalisateur Rian Johnson repart de plus belle dans le genre, toujours accompagné par le détective Benoit Blanc. Notre critique du nouveau film Netflix 'Glass Onion'.

SYNOPSIS

En pleine pandémie de Covid-19, l’extravagant milliardaire Miles Bron, très influent dans la recherche scientifique et l’innovation spatiale, invite plusieurs amis pour un séjour sur son île privée en Grèce. Le célèbre détective privé Benoit Blanc reçoit lui aussi une invitation similaire, mais il semble que Miles n’en soit pas à l’origine

Sur place, Miles Bron explique à ses invités qu’il leur a organisé une murder party mettant en scène son propre meurtre, et que tous sont chargés de le résoudre. Ironiquement, tous ont un motif pour tuer l’homme d’affaires. Un meurtre réel coupe vite court au jeu. Benoit Blanc prend donc l’affaire en charge, mais celle-ci s’annonce plus compliquée que prévu

NOTRE CRITIQUE

Est-ce que vous vous rappelez de la grosse surprise de 2019 : ‘A couteaux tirés‘ ? Un whodunit au casting cinq étoiles et à la mise en scène aux petits oignons signée Rian Johnson. Le succès est très vite arrivé et le film a rapidement franchi la barre du million d’entrées grâce à un parfait bouche-à-oreille, qui lui a également permis de tenir son audience sur la durée.

Après ce succès commercial et critique, une suite est inévitablement mise en chantier, mais sur Netflix cette fois-ci. Exit la case grand écran et bonjour le streaming.  Nous pouvons tout de même remercier Rian Johnson et son équipe de nous avoir permis de découvrir ce second opus sur grand écran lors d’une avant-première exceptionnelle.Nous avions peur que Netflix bride le cinéaste ou sa patte artistique bien à lui, et qu’il en résulte un whodunit peu intéressant et facilement oubliable. Et pourtant, il n’en est rien. On pourrait même penser que Glass Onion est peut-être meilleur que le premier opus sorti il y a quelques années. Le retour de Daniel Craig en Benoît Blanc se fait triomphant et la fougue d’écriture de Rian Johnson dépasse les attentes et repousse les limites de ce qu’il avait déjà produit. Un nouveau Cluedo à la sauce Johnson qui ne manquera pas d’ailleurs de tacler ce jeu de société à de nombreuses reprises. Des partis pris assumés jusqu’au bout et une insolente espièglerie dans l’écriture se fait ressentir durant chaque séquence.

La bande-annonce est finalement très trompeuse, et ceux qui imaginaient une redite du premier volet peuvent retourner dormir. L’intrigue est très différente et toutes les (mauvaises) attentes sont balayées d’un revers de la main en une fraction de seconde pour créer de nouvelles manigances encore plus délicieuses. On y retrouve de nombreux twists tous aussi inattendus les uns que les autres, des situations loufoques et surtout un véritable plaisir pour le spectateur de faire partie intégrante de l’intrigue, tant la résolution de cette mystérieuse énigme est omnipotente. Une sorte de ludisme instauré par Rian Johnson pour que le public puisse connaître la finalité de l’histoire. Le tout se révélera être complètement imprévisible et incroyablement amusant. Le long-métrage est servi par une mise en scène aux petits oignons, le réalisateur se surpasse, ne reste pas sur ses acquis et met en avant un groupe personnages divinement détestables, comme c’était le cas dans le premier volet. La critique de la haute bourgeoisie (thème fétiche de Rian Johnson) est au centre de ce récit et colle à la peau de ces individus haut en couleur emmenés par un génial Edward Norton. Suivi de très très près par la révélation du film : Janelle Monae.

Néanmoins, Daniel Craig vole la vedette à chacune de ses apparitions et s’éclate dans le rôle de cet irrésistible détective à l’accent séducteur, aux manières délicieuses et au style vestimentaire coloré. On sent l’acteur investi à 100%, il adore ce personnage, ça se voit à l’écran et encore plus dans cette suite. Son humour toujours aussi subtil et pointilleux, son cynisme, mais également sa vie sentimentale seront un peu plus explorés (vous n’êtes pas prêt pour ce couple goal). Le film proposera également des petits caméos amusants de stars par-ci par-là, des fausses pistes pour vous induire en erreur, des moments d’humour toujours noirs et tordants, ainsi que son lot de retournements imprévus concoctés par un Rian Johnson inspiré. On regrette que le film ne puisse pas sortir en salles tant le potentiel de faire revenir le public est immense. Loin des whodunit poussiéreux que l’on a pu voir cette année (‘Mort sur le Nil’ avec son scénario trop linéaire et sa mise en scène académique), Glass Onion est la suite parfaite d’un premier film parfait. Un moment ludique pour son spectateur qui se donnera à cœur de joie de participer à cette nouvelle énigme farfelue avec les règles du cinéaste américain. Dialogues mordants, mise en scène minutieuse, acteurs au sommet et twists imprévisibles, voilà ce que vous trouverez dans cet oignon de verre à décortiquer jusqu’à son cœur.

EN DEUX MOTS

Loin des whodunit poussiéreux et linéaires que l’on a eu cette année, ‘Glass Onion’ est une parfaite suite arrivant toujours à retourner son spectateur. Ce long-métrage propose une intrigue nouvelle, amusante et jouissive où les limites de la narration sont encore repoussées. Une réussite en tout point. 

4,5

Note : 4.5 sur 5.

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