SYNOPSIS
Dans un futur proche où les États-Unis sont minés par l’inégalité et gouvernés par un régime autoritaire, Network, une mégachaine toute-puissante, règne sans partage sur l’opinion publique grâce à ses émissions de téléréalité ultraviolentes. Parmi elles, Running Man, un jeu de survie diffusé en direct, est devenu l’opium d’un peuple accablé par la misère.

Ben Richards, un ouvrier mis au ban du système, accepte à contrecœur de participer à l’émission pour tenter de sauver sa famille. Pendant trente jours, il devra échapper à des chasseurs professionnels lancés à ses trousses, tandis que chaque citoyen est encouragé à le dénoncer. Au fil de sa cavale, le pays s’embrase et la population commence à douter de la vérité imposée par les écrans. Entre survie, mensonges d’État et révolte naissante, Ben devient malgré lui le symbole d’un peuple prêt à reprendre son destin en main.

NOTRE CRITIQUE
Glenn Powell veut vraiment tout faire comme Tom Cruise en fait. Après un passage dans Top Gun: Maverick, le voilà dans Running Man, le parfait terrain pour enchaîner des sprints les bras ballants comme son idole. Et sur le papier, l’association avec Edgar Wright était toute trouvée. Celui qui sait donner de l’énergie à ses projets par la mise en scène a un boulevard devant lui.. et pourtant..
Il faut dire que ça commence mal. Dès les premières minutes, le réalisateur britannique propose des décors cheap, où le futur ressemble à un délire de geek en panne d’inspiration. Tout est tourné dans une boîte à VFX. Aucun véritable espace, aucune respiration visuelle, et surtout aucune diversité dans ce Los Angeles pourtant métamorphosée des dizaines de fois au cinéma (surtout quand il s’agit de science-fiction ou de post-apo). Ici, c’est gris et bidon. On a vaguement l’impression d’être dans Spy Kids (et ce n’est pas vraiment une qualité pour le coup). Le cinéaste donne pourtant tout pour iconiser son acteur principal. Et c’est vrai que Glenn Powell a une gueule, mais c’est aussi la gueule de l’américain lambda. Plastique impeccable, mâchoire carrée, serviette qui tombe pour prouver le tout. Il coche toutes les cases du père modèle, mais révolté contre la société. Tous les ingrédients d’un film des années 90 ou 2000, et rien de neuf sous le soleil. Parfois même à la limite du borderline, quand on décrit un homme impulsif et violent sans jamais interroger le virilisme ambiant du moment. Occasion ratée. Dommage, car finalement, Ben Richards redevient un protagoniste générique d’actionner-movie. Et à la limite, quand l’action est là, on pourrait oublier le personnage, mais c’est pas vraiment le cas avec Running Man. Il y a tout sauf du running. Le film est une version soft, presque familiale, de ce qu’il devrait être. Entre les maisons piégées façon Maman, j’ai raté l’avion et les prises d’otages sur une autoroute désertique.. On n’est pas du tout gâtés.

Qu’est-ce qu’il reste de Running Man une fois la course terminée ? Une critique un peu poussiéreuse de la montée de la violence, de l’aliénation au sensationnalisme, du fascisme au sens large. Très bien, mais qu’est-ce qu’il nous reste qui n’ait pas déjà été traité ailleurs en mieux ? Pas grand-chose. Le roman de Stephen King n’est certainement pas mis au goût du jour, et encore moins dans son approche d’anticipation. Edgar Wright nous bassine encore des concepts télévisuels qui ne sont même plus d’actualité en 2025 (qui regarde encore la télé ?). Pendant ce temps, les autres nouveaux médias propagent bien plus le fascisme contemporain. Ils sont totalement absents de son adaptation. Une occasion manquée de plus. Au final, le film a quelques années de retard. On assiste en ce moment à une véritable dégringolade de réalisateurs qui deviennent des papys du cinéma. Après Spike Lee et son misérable Highest 2 Lowest, voilà Edgar Wright et son laborieux Running Man. Jamais vraiment célèbre pour une direction artistique flamboyante (quoique Last Night in Soho faisait exception), mais ici, il signe sans doute son projet le plus impersonnel visuellement. Quelle horreur. Running Man est équipé pour boucler son marathon sur des plateformes SVOD, avec sa photographie générique et ses décors insipides. Une course-poursuite dans le vide, où le combat final est si mal exécuté qu’il ferait presque pâlir War of the Worlds de Prime Video. Rarement vu un climax aussi raté. Peut-être parce que ce n’est pas le vrai finish..
Edgar Wright s’offre un « extra mile » pour matérialiser sa révolte qu’il tente de nous vendre depuis deux heures, comme s’il fallait absolument prouver que tout ça est très crédible.. Un ultime aveu d’échec pour un long-métrage qui déclenche le point de côté dès les premières foulées.
EN DEUX MOTS
Le plus petit film d’Edgar Wright. Il y avait pourtant de la matière, et l’homme derrière la caméra était le choix idéal pour un rythme haletant et une vraie énergie d’action. Mais non.. On espérait redorer l’année 2025 dans le dernier kilomètre de cette course, et l’on se retrouve finalement avec un Running Man trop décevant.
2,5
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