SYNOPSIS
Jacques débarque chez son ami Bruno avec une révélation totalement absurde et surtout inquiétante : le monde dans lequel ils vivent ne serait qu’une immense simulation. D’abord sceptique, Bruno commence pourtant à remarquer d’étranges anomalies autour de lui..

À mesure que les certitudes s’effondrent et que la paranoïa s’installe, les deux amis s’enfoncent dans une quête existentielle où chaque détail du quotidien pourrait n’être qu’un bug dans le programme. Entre comédie absurde et vertige métaphysique, Quentin Dupieux interroge avec humour notre rapport à la réalité, dans un univers visuel inspiré des jeux vidéo du début des années 2000.

NOTRE CRITIQUE
Il était à Cannes, mais pas que pour ça. D’abord, il s’est fait défoncer pour Full Phill, présenté en séance de minuit, un film au prestigieux casting américain avec Woody Harrelson et Kristen Stewart –qui devrait d’ailleurs sortir d’ici la fin de l’année. Mais Quentin Dupieux avait prévu un parachute de secours critique pour cette 79e édition du Festival de Cannes..
Et pour ça, il fallait se rendre à la Quinzaine des Cinéastes, où le réalisateur français présentait son tout premier film d’animation. Et quelle bonne surprise de voir Quentin Dupieux s’essayer là-dedans. En y repensant, on se demande juste pourquoi il n’a pas fait ça plus tôt. Le champ des possibles offert par l’animation, couplé à son cerveau bouillonnant d’idées absurdes et farfelues, accouche aujourd’hui du film Le Vertige. Ce qui plait immédiatement, c’est que Quentin Dupieux injecte enfin un peu plus de lui-même dans la machine. Le Vertige, c’est une esthétique 3D directement inspirée de ses longues sessions sur GTA Vice City. Une influence qui pue la nostalgie, et qui donne naissance à un long-métrage (très court, comme souvent chez lui) parlant directement à toute une génération. Celle des années 2000. Une génération pour laquelle ce type d’animation incarnait autrefois la modernité avant de tourner au ringard ou au has been aujourd’hui. Réhabiliter cette esthétique en 2026, à la Quinzaine des Cinéastes, avec Quentin Dupieux au scénario, c’est tout ce qu’il fallait. D’autant que c’est un projet qui sent l’artisanat, conçu avec une ligne de code de cerveau de Dupieux qui chuchote à cinq étudiants en école d’animation : « je veux faire un film Playstation 2« . Et ça fonctionne. Tout le process de création est à l’image du rendu et de la vibe. Low quality addict, fun et rétro.

Vertigineux par ses idées simples qui fonctionnent comme jamais, Le Vertige marque aussi le retour d’un Quentin Dupieux qui retrouve ici sa patte la plus naturelle. Le réalisateur a construit son film de manière méthodiquement bricolée, et c’est ce qui le rend si génial. Il a préenregistré tout, sans image, avec son casting. Quentin Dupieux a ensuite plaqué sa 3D par-dessus, positionnant librement ses caméras dans un univers fraîchement modélisé. Du nouveau cinéma des années 2000, avec forcément, tout l’humour absurde qui le définit. Dans ce monde numérique, Alain Chabat dévoile la simulation pendant que tout l’imaginaire de cette 3D rétro est exploité avec intelligence dans les gags et les situations. Comme à chaque fois, Quentin Dupieux ne s’embourbe pas à étaler son récit. Il fonce à toute vitesse, enchaînant les sketches sans jamais perdre la cohérence de l’ensemble. Le Vertige est un projet qui paraît ultra simpliste, presque internet shitpost. On pourrait croire à la fantaisie d’un passionné de Roblox, qui décide de pousser une blague un peu trop loin, mais c’est sans compter le bagage créatif de Dupieux derrière. C’est pour cela que Le Vertige est une grande réussite, et peut-être l’un de ses meilleurs films. Car sans ce qui définit Quentin Dupieux, ce type de projet ne serait au mieux une petite blague qui a sa place dans le Zap de Spion, au pire, une erreur 404 uploadée sur Dailymotion.
EN DEUX MOTS
Ceci n’est pas un bug, Quentin Dupieux peut encore mettre tout le monde d’accord. Une création artisanale et rétro qui compose le parfait overlay du style Dupieux. Vous lui devez des excuses, moi je ne suis jamais sorti du train.
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