SYNOPSIS
Alors que le monde vacille au bord d’une guerre mondiale, Daniel Kellner, expert en cybersécurité, dérobe des documents classifiés liés à un secret soigneusement dissimulé depuis des décennies. Traqué par une puissante organisation, il prend la fuite avec sa compagne Jane. Au même moment, Margaret Fairchild, présentatrice météo, développe d’étranges capacités après une expérience inexpliquée. Convaincue qu’un lien la relie à Daniel, elle se lance à sa recherche.

Leurs destins convergent bientôt vers une vérité capable de bouleverser l’histoire de l’humanité et de changer à jamais l’avenir du monde. Disclosure Day est un film de science-fiction américain réalisé par Steven Spielberg et sorti en 2026.

NOTRE CRITIQUE
Les années passent, mais les obsessions restent, et il n’est pas peu dire que les extraterrestres ont toujours été une source majeure d’inspiration et de questionnement dans la carrière de Steven Spielberg. Après l’exploration du premier contact dans Rencontres du troisième type, de la cohabitation dans E.T., l’extra-terrestre et de l’invasion brutale dans La Guerre des mondes, le cinéaste semble désormais vouloir des réponses.
Prenant de l’âge et intimement persuadé que des secrets sont gardés, le metteur en scène s’impatiente et réclame une vérité appartenant à sept milliards d’individus. C’est de ce postulat que provient Disclosure Day, où se dessine une réflexion sur la portée et les répercussions d’une telle révélation. Disons-le honnêtement, ce long-métrage ne marquera pas sa filmographie. Le film paraît déconnecté de l’évolution actuelle du cinéma hollywoodien, accusant quelques wagons de retard. Tout est cousu de fil blanc et avance dans une direction ultra prévisible, manquant cruellement de surprise. Ce qui s’avère assez frustrant pour une intrigue censée graviter autour de l’inconnu. D’autant plus qu’il faut composer avec des trous et des facilités scénaristiques un peu grossières. Le récit a cette fâcheuse tendance à abuser du hors-champ pour esquiver les situations délicates ou à multiplier les actions bien trop faciles. Comme par exemple le personnage de Josh O’Connor qui rampe au milieu des forces armées sans se faire repérer, alors qu’il fait un boucan à réveiller les morts. Ou encore celui d’Emily Blunt qui s’introduit dans un camion ennemi avec une décontraction déconcertante. Tout du long, l’histoire s’arrange continuellement pour contourner le moindre obstacle qui pourrait mettre en péril les protagonistes ou dévier l’intrigue de son chemin tout tracé. Et pourtant, tous ces défauts finissent par être acceptés. D’abord parce qu’ils sont enveloppés dans une mise en scène absolument brillante. Steven Spielberg conserve cette capacité unique à composer le moindre de ses plans avec une précision chirurgicale. Tout est millimétré, pensé pour que chaque image appuie son propos. Le cinéaste s’amusant constamment avec des effets de miroirs, des plans entrecoupés ou des lumières parasites.

Sa faculté à fluidifier les séquences en passant d’une valeur de plan à une autre avec une telle habileté force le respect. C’est tout ce catalogue d’idées visuelles qui nous captive et nous saisit instantanément au cœur de ce récit pourtant bancal. Mais si l’on parvient aussi à fermer les yeux sur ces faiblesses, c’est surtout parce que le film n’adopte pas le ton si sérieux que la campagne promotionnelle laissait présager. Comme à son habitude, c’est avec un regard d’une grande naïveté que Spielberg aborde ses questionnements, faisant de Disclosure Day une fable poétique bien plus qu’une investigation réaliste. Il suffit d’observer la manière dont il associe les extraterrestres à la faune pour s’en convaincre, ou tout simplement de regarder le design des aliens. On retrouve cette représentation enfantine et un brin datée d’êtres maigrichons et élancés aux grands yeux ovales. Mais après tout, en l’absence de réponses concrètes, où se situe la réalité et comment être certain que cette vision puérile est fausse ? Spielberg choisit de confronter une dureté réaliste à un imaginaire naïf. L’approche peut sembler déconcertante et immature au premier abord, mais elle n’est jamais vraiment dans l’erreur ni dans le pur fantasme puisque, dans le fond, personne ne sait. C’est précisément là que le film devient fascinant. Spielberg puise dans cette nuance toute la profondeur d’une réflexion sur la croyance et l’interprétation, en prenant le parti de traiter une invasion extraterrestre comme un conte de fées plein de douceur. Cette perception ne semble pas moins crédible qu’une autre, puisque l’humanité entière est logée à l’enseigne de l’inconnu absolu, et une question finit par s’imposer : notre besoin insatiable de vérité n’est-il pas, finalement, un frein à notre propre imagination.
Depuis quelques années maintenant, le cinéma de Spielberg s’inscrit manifestement dans une nostalgie très personnelle. Qu’il s’agisse de Ready Player One, de West Side Story ou de The Fabelmans, on ressent chez lui une envie profonde de ressasser ses propres émotions et ses propres souvenirs. Disclosure Day s’inscrit parfaitement dans cette continuité, celle d’un homme qui se confronte à ses obsessions et à son imaginaire. Des propositions nombrilistes qui ont laissé certains spectateurs sur le bas-côté et qui persistent à le faire ici avec ce dernier long métrage. Seulement voilà, Spielberg ne semble plus chercher à convaincre quiconque. Il projette simplement sur grand écran ce qui l’a animé durant toute sa carrière, en tendant la main à ceux qui accepteront de replonger avec lui dans ses souvenirs. Si vous vous sentez en phase avec cette nostalgie naïve et réconfortante, alors Disclosure Day sera pour vous un vrai bonbon.
EN DEUX MOTS
Bien qu’il repose sur des facilités scénaristiques grossières, ce nouveau Spielberg s’impose comme un joli moment de cinéma grâce à une mise en scène inspirée et millimétrée. Mais surtout, toute sa profondeur est puisée dans une naïveté déconcertante sur laquelle le cinéaste conserve une maîtrise absolue.
3,5
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