CRITIQUE | FILM

LA BATAILLE DE GAULLE 2 : sauve la face

Critique | Après un premier volet "déception", diffusé en avant-première au Festival de Cannes 2026, Antoine Baudry avance la sortie de la seconde partie de son biopic. La Bataille De Gaulle tente de renverser la vapeur dans la bataille du box-office estival. Mais 'J'écris Ton Nom' a-t-il les armes pour mener la contre-offensive ?

SYNOPSIS

Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Dans le fracas de la défaite, un homme refuse la résignation. Général encore méconnu, il gagne Londres pour tenter de sauver ce qui semble perdu : l’honneur et la liberté. Sans armée, sans soutien, presque sans espoir, il ne dispose que d’une certitude inébranlable : la France n’a pas dit son dernier mot. Contre l’évidence, il lance un pari insensé : convaincre le monde que la bataille de France n’est ni achevée ni perdue.

© La Bataille de Gaulle – Partie 2 : J’écris ton nom

Tout semble pourtant lui donner tort. Mais, peu à peu, des femmes et des hommes répondent à son appel. En Angleterre, en France, en Afrique, des résistants clandestins, des lycéens révoltés et des soldats déterminés rejoignent le combat. Portés par leur courage, leur audace et leur soif de liberté, ils défient le cours d’une Histoire que beaucoup croyaient déjà scellée.

NOTRE CRITIQUE

La bataille n’est pas encore terminée. La suite est même en avance, car le deuxième et dernier volet de La Bataille De Gaulle débarque finalement en plein cœur de la Fête du cinéma. Un petit aveu d’inquiétude au vu des résultats décevants au box-office du premier chapitre, L’Âge de fer. Mais il y a de quoi se montrer plus optimiste avec J’écris ton nom, qui est bel et bien supérieur à son prédécesseur.

Là où le premier film accumulait le mauvais goût, entre une narration ringarde et des fonds verts malvenus, cette seconde partie s’intéresse à une facette plus intéressante pour le spectateur. Un général de Gaulle comme vrai chef de la Résistance plutôt qu’une figure figée du roman national. On s’éloigne d’une vision héroïsante, très guerrière et très masculine du conflit, pour proposer un récit plus politique, plus complexe et foncièrement anti-impérialiste. Une approche pertinente, d’autant plus avec les rapports de force et les tensions actuelles dans le monde. Exit également les envolées lyriques de De Gaulle. Ici, le personnage est directement confronté aux conséquences de ses décisions et cesse d’être présenté comme un héros infaillible façon Marvel. Les alliances redeviennent le moteur du récit, que ce soit avec Rex (aka Jean Moulin) ou avec le général Leclerc. J’écris Ton Nom matérialise donc sa tension dramatique dans les rapports de force entre le général et les Américains. Et c’est bien connu : tout le monde déteste les Américains. Donc ça fonctionne beaucoup mieux que dans le premier volet..

© La Bataille de Gaulle – Partie 2 : J’écris ton nom

Pour ce nouveau film, Antoine Baudry offre une double perspective au niveau de l’intrigue : raconter la finalité de la Seconde Guerre mondiale, mais surtout interroger ce qui se prépare déjà après elle. La lutte armée reste bien présente, mais le film s’intéresse aux sacrifices qu’elle implique, aux ambitions américaines et à la recomposition du monde qui s’annonce. En plaçant le spectateur à ce carrefour de l’histoire, avec un regard tourné vers l’après-guerre, Le cinéaste français trouve enfin une idée stimulante. Là où la plupart des films sur la Seconde Guerre mondiale célèbrent une victoire totale, main dans la main avec tous nos gentils alliés, Antoine Baudry préfère montrer une coalition traversée par les intérêts divergents. J’écris Ton Nom montre que la désobéissance peut aussi s’exercer face à ses alliés lorsque que la situation l’exige, et nous offre par la même occasion un petit passage dans les coulisses assez attrayant. Une nouvelle forme de rébellion qui permet de dépasser le récit linéaire et parfois simpliste de L’Âge de fer, qui réduisait le conflit à une succession d’événements héroïques. Le ridicule est extrait de la saga et force est de constater que l’alchimie entre les personnages fonctionne également beaucoup mieux. Le duo Churchill–De Gaulle plait : leurs désaccords, leur respect mutuel et leurs derniers échanges apportent une émotion discrète mais sincère.

Au final, Antoine Baudry s’est affranchi de l’obligation de livrer un blockbuster français à grand spectacle, pour une suite moins badaboom et peut être plus académique. Entre la cohérence au profit du sensationnel, chacun fera son choix, mais ce qui est sûr, c’est que J’écris Ton Nom bénéficie forcément d’un peu plus de crédibilité que son prédécesseur.

EN DEUX MOTS

En délaissant le blockbuster spectaculaire au profit de la stratégie narrative, Antoine Baudry trouve enfin le ton juste dans ce second volet. Mais avec tous les défauts de son prédécesseur, difficile pour J’écris Ton Nom de sauver tous les meubles.

3

Note : 3 sur 5.


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