SYNOPSIS
Nora, Thomas et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée avec pour seule voisine, Cristina, une peintre italienne. Alors que tout le monde prépare une soirée d’anniversaire surprise pour Nora, trois hommes rôdent autour de la maison et s’invitent à la fête, faisant surgir des secrets bien gardés…


NOTRE CRITIQUE
Histoires De La Nuit était le tout dernier film de la compétition du Festival de Cannes 2026 à être projeté sur la Croisette, la veille de la clôture. Et finalement, on comprend pourquoi. Car ce nouveau film de la talentueuse et nouvelle réalisatrice Léa Mysius apparaît comme une ombre dans la nuit, après une soirée mouvementée et épuisante, à l’image de l’expérience du festival. Histoires De La Nuit embarque alors son spectateur dans un home invasion vraiment exemplaire, un peu trop pour certains d’ailleurs, mais est-ce que ce n’est justement pas ce rendu propre et millimétré qu’il manquait à Léa Mysius pour tamponner son travail d’une certification : cinéaste de grand standing.
C’est ce qu’on pense en tout cas, car tout est réuni dans ce film pour en faire la pierre angulaire de carrière. Après un premier film fougueux et généreux avec Ava, un deuxième film envoûtant et fidèle au travail de genre avec Les Cinq Diables, Léa Mysius débarque avec une proposition solide, au casting bankable et à la mise en scène d’orfèvre. Ici, la réalisatrice prend un malin plaisir à ne rien dire, à ne rien laisser transparaître. Elle est encore plus radine que ses homologues de film à tension en ne laissant échapper presque aucun indice, mais en préférant poser le décor de sa thématique de cœur : la construction de l’identité d’un enfant face à l’inconnu, face au trauma souvent lié d’ailleurs à la parentalité. Dans Ava, c’était à travers le prisme d’une mère détachée qui porte des œillères, dans Les Cinq Diables c’était une mère troublée par l’inconnu, aujourd’hui dans Histoires De La Nuit, l’enfant est confronté à une mère mystérieuse au passé caché. Un film donc plus terre-à-terre certes, mais qui joue cette carte pour amplifier son niveau de tension. Histoires De La Nuit a des atouts que peu d’autres films de ce type possèdent. Le cadre « monsieur tout le monde » par exemple.Tout est situé dans un univers familier, dans un petit village français, avec des problématiques d’agriculteur ou de jeune cadre dynamique. En trente minutes, elle pose cela, puis Léa Mysius fait le choix fort de nous enfermer dans le foyer.

C’est là que la magie (et pas la magie noire cette fois) opère. Deux maisons, et la caméra fait des va-et-vient sans jamais s’aventurer ailleurs. Un montage alterné qui déploie des situations et des personnages bien écrits, qui se répondent constamment. Au cœur de l’intrigue et de son scénario : la famille, ses doutes, ses liens du sang ou pas, la place de cette jeune fille.. Léa Mysius peut aussi se vanter d’avoir utilisé Benoît Magimel à bon escient, avec un antagoniste parfait, vieux loubard de la diagonale du vide, ici pour retrouver Nora, mais se découvrant lui aussi une part d’identité en chemin. Chacun possède donc son propre développement dans ce huis clos tendu, et c’est vraiment en maintenant la tension au maximum que Léa Mysius obtient l’explosion d’après coup. Et d’un simple geste d’affection, tout part en vrille. La mise en scène se répond elle aussi et lance l’effet boule de neige avec tout l’aspect jouissif que l’on attendait. Ce n’est pas pour rien que la salle du Grand Théâtre du festival de Cannes a autant réagi lors de ces mêmes séquences. On relâche enfin la pression, par la violence certes, mais aussi et surtout comme un soulagement bien mérité après ce que la réalisatrice nous a fait subir. L’impression d’être enfermé comme les personnages principaux, et de trouver enfin une porte de sortie. Mais dans cette histoire, Histoires De La Nuit va finalement plus souffrir de manque que de critiques..
Les plus aigris réclament du fantastique dans un film qui n’en a finalement pas besoin.. un film qui souffre un peu trop de la comparaison avec Les Cinq Diables finalement. Alors qu’au contraire, une cinéaste qui change de direction dès son troisième film (sans perdre son style), c’est bien plus rassurant pour la suite.
EN DEUX MOTS
Grand film, pour (déjà) grande réalisatrice. Léa Myisus emprunte le chemin idéal pour marquer le cinéma français, avec un style toujours tourné au service des choix forts de son scénario. Histoires De La Nuit ne déroge pas à la règle.
4
Les avis des autres rédacteurs
Abonne toi au site !
Ils en parlent également : Telerama, Tsounami ou Les chroniques de cliffhanger


