CRITIQUE | FILM

VORTEX : dépression et des viocs

Gaspard Noé possède certainement des actions chez certains groupes pharmaceutiques, car les ventes d'antidépresseurs explosent après chacun de ses films. Notre avis sur Vortex

ÇA RACONTE QUOI ?

L’histoire tragico-déprimante des derniers jours d’un couple de personnes âgées atteintes d’Alzheimer, cette maladie dont il n’existe aucun traitement réellement efficace encore aujourd’hui. Lui est cinéphile, historien et théoricien du cinéma qui écrit un ouvrage sur les liens entre le 7e art et les rêves. Elle, psychanalyste à la retraite. Nous allons également suivre leur fils, qui ne peut absolument rien faire face à cette douloureuse situation, sinon subir toutes les crises et les délires de ses parents.

Amoureux et indispensables l’un à l’autre, ils vont vivre leurs derniers jours sous nos yeux. Un scénario sous fond de message nihiliste, dépressif et d’effets visuels toujours propre au réalisateur très controversé d’Irréversible. Avec Le Monde Après Nous et d’autres, on peut dire qu’Avril 2022 est officiellement placé sous le signe de la dépression et des mauvaises ondes. L’été (et la VI ème République) vite.

NOTRE HUMBLE AVIS

La première chose qui frappe dans ce film, c’est que ça ne ressemble pas tout de suite à du Gaspard Noé. Oubliez ces effets visuels qui donnent des maux de tête ou des crises d’épilepsie. Si l’on reconnaît la caméra toujours aussi folle et libre du réalisateur, on ne retrouve cependant plus ces flashs et autres agressions oculaires qui viennent d’ordinaire accentuer le malaise des scénarios bien (trop) souvent en flirt avec le borderline -quand il ne met pas les deux pieds dedans. Attention, vous aurez tout de même envie de tout envoyer en l’air en écoutant Kyo à la fin de ce long-métrage, ça ne change pas. Gaspard Noé est toujours dans sa dynamique dépressive insidieuse, et on ne peut esquiver les différentes doses de négativité présentes dans ce film -comme d’habitude avec ce réalisateur. Par conséquent, la règle « on ne mate pas un film de Gaspard Noé durant un mauvais jour » est toujours valable.

L’oppression et la perte de repères se répandent au fil des projets et dans toute sa filmographie. Ici, il prend un malin plaisir à rendre fous ses personnages et les spectateurs au travers de situations pénibles, une sensation accentuée par les réactions des protagonistes et la manière dont il présentera les actions avec sa caméra. Il cherche à nous faire ressentir une réalité fantasmée, la vie d’octogénaires encore plus paumés qu’un adolescent à la découverte de sa sexualité -ou d’un adulte de gauche au 2nd tour. C’est donc avec un plaisir coupable, et un voyeurisme sadique, qu’il nous invite une fois de plus à pénétrer son esprit bien sombre en pleine dépression -et accessoirement l’intimité angoissante de ces séniors. Si la compassion surgit à bien des moments, se dire que 41% des 65 ans et plus ont voté Emmanuel Macron peut générer une apathie sévère au visionnage, ou une volonté de tousser sur tout ce qui se déplace en déambulateur. Mais au fil des minutes, tout cela s’estompe pour laisser place à une sincère empathie envers ce couple si attendrissant.

EN DEUX MOTS

Un film à voir, à l’instar de toute la filmographie de Gaspar Noé. Malgré son côté borderline, on ne peut que reconnaître le talent indéniable avec lequel il met en scène ses films. Gaspard Noé est assurément un grand réalisateur, il le démontre à nouveau avec Vortex

3,5

Note : 3.5 sur 5.

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