CRITIQUE | SERIE

ANDOR : Star Wars comme on ne l’a jamais vu

Si je vous disais que vous venez tout juste de rater le meilleur contenu Star Wars depuis belle lurette ? Et si je vous disais que cette nouvelle série propose quelque chose de jamais-vu dans l'univers créé par George Lucas ? Et si je vous disais également qu'il s'agit probablement d'une des meilleures séries de l'année ? Notre critique de 'Andor'.

ÇA RACONTE QUOI ?

Cinq ans avant la bataille de Yavin, Cassian Andor se rend sur la planète industrielle de Morlana One à la recherche de sa sœur disparue. Alors qu’il s’enquiert à son sujet dans un bordel, Cassian contrarie deux agents de sécurité de la corporation Pre-Mor, qui administre la planète.

À son retour, il est contacté par le leader d’un mouvement mystérieux qui semble combattre le régime politique en place. Cassian Andor ne le sait pas encore, mais il va participer comme espion aux prémices de la résistance contre l’Empire galactique, participant à ce qui deviendra l’Alliance rebelle..

NOTRE HUMBLE AVIS

Sur le papier, rien ne pouvait nous intéresser. Le personnage de Cassian Andor, bien que superbement introduit dans Rogue One de Gareth Edwards ne suffisait pas à créer une monstrueuse attente, similaire au pétard mouillé Obi-Wan. Pourquoi faire ? Pas de jedi, pas de force, pas de caméos en attente… Bref pas tellement hypé.

C’est à la surprise générale qu’Andor arrive à surpasser tout ce qui a été fait auparavant. Arrivant à se créer un genre à des année- lumières des trois trilogies, ainsi que de l’univers du Mandalorian proposé par Disney. À vrai dire, Andor est une série anti-firme aux grandes oreilles. Impossible de dire que Disney se retrouve derrière ce projet tant le tout semble très posé, crucial et sombre. Pour poser ses bases, Andor nous emporte dès son premier épisode sur une planète inconnue au sein d’une ambiance pluvieuse et glauque. Tel Blade Runner, nous suivons notre personnage principal errer dans une ville fantôme ou peu de personnes semblent recommandables. Des Harem et des discothèques miteuses à chaque coin de rue, où s’ensuivra un meurtre de sang-froid tout droit sorti de l’esprit d’un Philip K. Dick. Les bases sont posées, on n’a jamais vu cela chez Star Wars et le tout nous dépaysage sévèrement. Entre planètes originales jamais connues de l’univers Star Wars (fini les planètes sableuses aux milles et un déserts que Disney adore nous proposer depuis au moins cinq productions). Fini également ces écrans LED où nos acteurs se retrouvent devant comme des manches à balais.

Place aux décors réels, aux environnements nouveaux. Ciel violet, camps de concentration sous-marins, cotes californiennes à la sauce science-fiction et autres décors majestueusement modifiés pour les besoins de la série. Le tout semble extrêmement palpable et non « fake ». Le dépaysement se fait également par sa bande originale, radicalement différente de ce que l’univers de George Lucas nous avait proposé auparavant. Les cuivres omniprésents de John Williams et ses imitateurs sont portés disparus et nous entendrons pour la première fois des sons nouveaux composés par un très inspiré Nicholas Britell. De la batterie dans un Star Wars, on croit rêver… Britell marque son auditeur grâce à une bande sonore nouvelle, et riche en diversité. Et si c’était tout ? Pourtant Andor continue de surprendre par la tonalité qu’il prend. Un thriller d’espionnage politique aux personnages complexes. Sur ses douze épisodes, cette mini-série n’hésite pas à prendre son temps et à proposer des séquences de dialogues posées pour dévoiler ses enjeux et ses différents personnages. Certains spectateurs en seront extrêmement perturbés et pourront trouver ces moments d’un ennui colossal. Et pourtant aucune de ces séquences « ennuyantes » ne pourrait être enlevée au montage tant elles servent parfaitement le récit et le développement des personnages. Les séquences avec Mon Mothma sont d’une importance capitale, et celles de Luthen Rael interprétées avec GENIE par Stellan Skarsgard se révèlent être écrite avec une fine subtilité.

Ce début de rébellion se dessine progressivement comme étant une complexe partie d’échecs entre personnages jamais tout blanc ou noir, partis politiques dangereux des deux cotés. Jamais cette rébellion n’a été aussi sombre. On y voit les sacrifices importants à effectuer pour débuter un acte rebelle de manière choquante et parfois brutale. Les différentes opinions politiques sont dévoilées ici et bien que certains personnages peuvent être dans le même camp, ils leur arrivent d’avoir de grandes divergences. Il en va de même pour l’empire. Jamais auparavant l’empire n’a été filmé de manière aussi cruelle et terrifiante que dans Andor. Camps de travail forcé, tortures physiques et mentales, oppression constante, mise à mort, corruption et bureaucrates avides de pouvoir. Telle est la manière dont est montré l’empire. L’envers du décor du coup d’état du chancelier palpatine avec un coté plus administratif et « intime ». Vous ne verrez jamais ailleurs un stormtrooper viser juste à chaque tir de blaster. Séquence brutale de dernier épisode se transformant en impitoyable champ de bataille ou civils, rebelles, gardes impériaux ne manquent jamais leurs coups. Tout est montré dans le champ et le tout se révèle être grave et froid. On en vient même à se demander si Disney est encore à la tête de Lucasfilm tant l’intégralité du récit semble être anti disney.

Et même si de nombreux épisodes restent calmes et très bavards, notamment lors de grands monologues à en donner des frissons, et discours politiques faisant froid dans le dos, il n’empêche pas à la série de tout faire péter quand elle le veut. Notamment tous les trois épisodes. Jamais des séquences d’action n’auront été aussi originales et recherchées dans l’univers Star Wars. Braquage très tendu où s’ensuivra course poursuite dans une tempête stellaire d’une incroyable beauté à la tension palpable. Évasion de prison violente, menée par un Andy Serkis au sommet de son art, assaut d’une ville par l’empire où règne tirs au blaster intenses. Gros coups de cœur pour cette séquence d’embuscade durant le troisième épisode dans un hangar où tout le potentiel du décor y est utilisé. Il en va de même pour ce climax au haut taux émotionnel et au chaos brillamment mis en scène suivant un discours de rebelle servi par une Fiona Shaw impériale. Chaque dialogue, chaque personnage, chaque séquence, chaque décor, chaque visuel, sont parfaitement bien pensés pour nous emmener ailleurs et proposer quelque chose de radicalement nouveau. Les thématiques sont parfaitement travaillées et la série arrive sans aucun mal à se concentrer sur cette ribambelle de personnages ô combien attachants tout en détaillant le grave contexte politique. Ce personnage sympathique d’Andor dans Rogue One se verra finalement être l’une des figures les plus iconiques de Star Wars grâce à sa propre série.

Une série qui en une seule saison arrive parfaitement à compléter Rogue One et à rendre son final encore plus impactant. Et rares sont les préquels qui trouvent les mots et moments justes pour connecter deux bouts sans tomber dans l’outrance. Andor utilise le talent de Tony Gilroy pour nous proposer subtilité et moments de courages marquants. Bref Andor, nous en sommes fans.

EN DEUX MOTS

Déroutante et surprenante, voilà avec quels mots nous pouvons décrire cette nouvelle série Star Wars réussie de bout en bout. Andor vous emmènera là où vous n’êtes jamais allé dans la galaxie.

4,5

Note : 4.5 sur 5.

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