SYNOPSIS
Alors qu’une comète fend le ciel de Paris, les destins s’entrelacent au fil d’une étrange ronde. Deux amis parcourent la ville en faisant le bilan de leur vie. Une jeune femme retrouve un père qu’elle croyait perdu. Une autre se retrouve à vendre de la drogue pour son frère. Plus loin, deux êtres marqués par la mort voient leurs chemins se croiser. Au même moment, une troupe de comédiens répète une pièce qui résonne étrangement avec ces existences. Une fresque chorale où le hasard, les rencontres et les liens invisibles tissent la trame de nos vies.


NOTRE CRITIQUE
Un peu de roche, un peu de glace, et une comète qui traverse la galaxie pour venir embraser le ciel parisien. Sous sa traînée lumineuse, ces jolis personnages lèvent les yeux pour la contempler pendant qu’ils déambulent dans les rues des 10ᵉ et 20ᵉ arrondissements de Paris. Sur le papier, Comète donne envie avec son spleen estival et sa galerie de personnages aux profils variés. Pourtant, il y a vraiment quelque chose qui bloque..
Et ce quelque chose, autant dire qu’on peine à mettre le doigt dessus. Pourtant, Élie Wajeman sait faire avec pas grand-chose. Il l’avait déjà prouvé avec Médecin De Nuit, sympathique road movie nocturne parisien, déjà porté par Vincent Macaigne. Le cinéaste maîtrise ce genre de proposition où les personnages sont totalement engloutis par la ville, où les petits drames provoquent de grandes émotions au spectateur. Mais dans Comète, le pattern ne fonctionne plus vraiment aussi bien. En réalité, il y a de fortes chances que cela soit dû au trop grand nombre de personnages et à leurs intrigues, qui ne se valent jamais. D’un côté, on peut se laisser embarquer par cette romance onirique entre une psy et son patient en perdition. Mais de l’autre, on se fout un peu de la relation en bout de course entre une metteuse en scène et son actrice. En cherchant à mettre en lumière tous les visages du Paris cosmopolite, Élie Wajeman finit paradoxalement par ne jamais vraiment choisir son point de vue. Comète devient un film par nature fragmenté et provoque littéralement du on/off dans la tête du spectateur. Dès que le récit bascule vers un personnage auquel on s’attache moins, l’attention décroche mécaniquement. On déconnecte inconsciemment, car pas intéressé. Et, malheureusement, la promesse des destins croisés n’arrive pas vraiment. Tous ces personnages vivent à Paris, mais le film peine à créer de vraies connexions entre eux. Ca révèle toutes les distances sociales et culturelles qui les séparent. L’écart est parfois trop grand pour espérer constituer un tout entre le bourgeois du 16ᵉ arrondissement et le travailleur précaire du 20ᵉ. Contrairement à ta comète, il faut revenir sur terre Elie Wajeman.

Ce fil conducteur décousu crée finalement plus de dispersion que de liant dans Comète. Et encore une fois, contrairement à sa celle-ci, rien ne décolle. Du surplace constant, à quelques exceptions près, comme l’intrigue autour du personnage interprété par Sandor Funtek, plus développée que les autres par exemple. Pendant que le reste nous laisse constamment sur notre faim. Côté casting, Élie Wajeman réunit pourtant une vraie troupe de comédiens. Mais ils finissent tous par s’effacer derrière cette ambiance planante et ces dialogues de sourd. Impossible de réellement s’attacher à eux. Même la métaphore de la comète, qui donne pourtant son titre au film, ne trouve pas vraiment sa place dans tout ça. Elle est le symbole de pas grand-chose, le début et la fin de rien. C’est une petite touche esthétique qui semble toujours sous-exploitée par le cinéaste. Mais plus le récit avance, plus on comprend le vrai problème du film : le manque de choix. Elie Wajeman s’approprie des codes de plein de genre de cinéma, mais toujours à 50%, jamais pleinement. Au bout du compte, on se retrouve plus devant un objet cinématographique non identifié que devant une comète. Tout est sur une balance qui fait le yoyo : parfois c’est dépressif, parfois c’est enivrant, parfois c’est chiant, parfois c’est intelligent. Le parfois est partout et la satisfaction du spectateur est nulle part. Alors qu’enfermer ces personnages en pleine crise existentielle dans une ville qui semble les étouffer, où les perspectives d’évasion se limitent à apercevoir le passage d’une comète… C’est une belle image. Un peu niais dit comme ça, mais pas plus que certains autres choix du réalisateur dans Comète..
EN DEUX MOTS
Comète traverse le ciel du cinéma français sans laisser de traces. Dans cette multiplicité de genres et de petites histoires, le film ne trouve jamais vraiment son empreinte, comme s’il était plus amorphe que ses propres personnages.
2,5
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